VIDÉO - Taxe sur les ordures ménagères : 63 euros à Brest, 217 euros à Marseille... Pourquoi une telle différence ?

par N.K | Reportage TF1 : Nicolas Robertson, Bastien Delaubert, Carlo Parédès
Publié le 9 avril 2024 à 11h12

Source : JT 20h Semaine

La taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) a augmenté en France.
Mais de grandes différences existent entre chaque ville.
Si à Brest, le coût par habitant s'élève à 63 euros par an, il grimpe à 215 euros à Paris.

Sortir nos poubelles nous coûte de plus en plus cher. François, un habitant de Poigny-la-Forêt (Yvelines) qui sort ses poubelles une fois par semaine, l'a bien constaté. "Le taux a encore augmenté cette année : il est à 5,94 %, ce qui conduit à un montant de 690 euros contre 625 euros l'an dernier, donc ça fait quand même 75 euros de plus", constate-t-il sur sa facture. 

Sa commune pratique l'une des taxes d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), redevables par les propriétaires d'habitations (ou comprises dans les charges des locataires), les plus chères du département. Mais la hausse concerne tous les Français. Selon une enquête de l'UFC-Que Choisir publiée le 19 mars dernier, le montant de la TEOM par habitant a augmenté de 6 % entre 2020 et 2022, passant de 118 euros à 125 euros par an.

215 euros par habitant à Paris, 92 euros à Lyon

La taxe sur les ordures ménagères est une vraie jungle. D'énormes différences existent entre chaque ville. L'UFC-Que Choisir a créé une carte interactive qui regroupe les informations de gestion des déchets par commune, comme la taxe d'enlèvement par habitant. On remarque à Brest, qui est l'un des meilleurs élèves, cette taxe s'élevait, en 2022, à 63 euros par an et par habitant. 

À Limoges, les habitants doivent payer 94 euros par an, contre 92 euros à Lyon, 117 euros à Toulouse, 126 euros à Strasbourg, 133 euros à Bordeaux, 153 euros à Lille ou encore 167 euros à Montpellier. Paris (215 euros par habitant) et Marseille (217 euros par habitant) figurent parmi les grandes villes les plus chères, selon l'UFC-Que Choisir. D'après l'association, la moyenne de référence était de 119 euros par habitant. 

L'augmentation du coût de la collecte

Mais comment expliquer ces différences de prix ? Le coût du service est calculé selon trois critères qui dépendent de chaque commune. D'abord, la zone couverte : plus le territoire est grand, plus les coûts sont importants puisque les éboueurs devront parcourir plus de kilomètres pour ramasser les ordures. Vient ensuite la valeur locative, c'est-à-dire le prix de l'immobilier : plus il est cher, plus la facture est élevée. Enfin, il y a le coût de la collecte, soit les salaires du personnel ou encore le nombre de camions. Justement, ce coût a, lui aussi, augmenté ces derniers mois, comme dans la Haute-Vienne. 

"Les prestataires ont augmenté leurs prix à cause de l'évolution du coût de la vie, des combustibles, du prix des camions... Et en face, les prix du traitement explosent", explique Philippe Barry, président (DVG) de la communauté de communes de Val de Vienne. Comme le souligne l'UFC-Que Choisir, l'augmentation du coût de la collecte et de l'élimination des déchets est justifiée par les gestionnaires par plusieurs raisons, comme les nouvelles méthodes de traitement conformes aux objectifs environnementaux de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec), les hausses du prix de l'énergie et du carburant ou encore les revalorisations salariales. 

Selon l'UFC-Que Choisir, l'augmentation de la taxe sur les ordures ménagères n'est pas près de s'arrêter dans les prochaines années. Selon Grégory Caret, directeur de l'observatoire de la consommation de l'association, rencontré par TF1, les habitants devront payer "5 à 10 euros supplémentaires tous les ans". Pour réduire ces disparités de prix, l'association de consommateurs milite pour une taxe qui dépendrait davantage de la quantité de déchets jetés par chaque famille.


N.K | Reportage TF1 : Nicolas Robertson, Bastien Delaubert, Carlo Parédès

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