Tous les propriétaires connaîtront une hausse de leur taxe foncière d'au moins 7,1% cette année.
Une augmentation à laquelle peut s'ajouter une autre hausse, décidée par leur commune d'habitation.
Et là, les chiffres varient grandement d'une ville à l'autre.

Les propriétaires ne la paieront qu'en octobre prochain, mais le couperet est déjà tombé. La taxe foncière augmentera d'au moins de 7,1% cette année, d'après le coefficient forfaitaire publié en novembre dernier par l'INSEE, qui tient compte de l’indice des prix à la consommation harmonisé. Mais cette hausse sera encore plus importante dans certaines communes, qui ont elles-mêmes voté une augmentation de leur taxe, comme l'explique la vidéo du 20H de TF1 ci-dessus. 

+62% à Paris, +34% à Grenoble

À Metz par exemple, la ville a voté une augmentation de la taxe foncière de 14,3%. En appliquant cette hausse aux 7,1% d'augmentation générale, les propriétaires locaux se retrouveront avec un montant à payer environ 22% supérieur à l'année dernière. Propriétaire d'une maison à Metz, Elisabeth a payé 1 847 euros de taxe foncière en 2022. Cette année, elle lui coûtera 400 euros de plus. "Je suis perdante, 400 euros, c'est beaucoup", commente-t-elle dauprès de TF1. Pour la ville, cette augmentation est nécessaire pour assurer la survie des services publics.

La hausse à prévoir peut même être bien plus importante, comme à Paris, où les habitants verront s'appliquer la première hausse générale de 7,1%, à laquelle va s'ajouter celle décidée par la ville qui s'élève à 52%. En appliquant ces deux hausses, les propriétaires connaîtront une augmentation générale de leur taxe foncière de plus de 62%. Même chose pour les propriétaires grenoblois et bordelais, qui connaîtront respectivement au total une hausse de leur taxe foncière de 34% et 12%.

Plusieurs villes vont connaître une forte hausse de leur taxe foncière en 2023.
Plusieurs villes vont connaître une forte hausse de leur taxe foncière en 2023. - TF1

Le quotidien régional Sud-Ouest, qui a réalisé une carte fournie de toutes les hausses, place aussi des villes comme Rambouillet (+ 26,3%), Quimperlé (+22,1%), Troyes (+16,1%) ou Annemasse (+25,1%) dans les fortes hausses. Il note en revanche qu’à Marseille, Nantes, Lille, Montpellier ou encore Dijon, on s’en tient aux 7,1% de revalorisation forfaitaire.

"Ca va être très difficile, surtout en période d'inflation"

Les plus petites communes n'échappent pas à l'augmentation. À Fontenay-aux-Roses, dans les Hauts-de-Seine, les propriétaires devraient connaître une hausse de 30%. "On a de plus en plus de missions, de plus en plus de charges, on est comme tout le monde soumis à l'inflation. L'augmentation du prix de l'énergie, c'est 2 millions d'euros à sortir, on a une marge de manœuvre qui est extrêmement faible, et qui est aujourd'hui la taxe foncière", se justifie Laurent Vastel, maire UDI la commune. 

"C'est inquiétant, ça va être très difficile, surtout en cette période d'inflation", commente un habitant. "Tout le monde doit payer, mais pas que les propriétaires", suggère un autre. Une habitante estime que ce montant va alors "remplacer la taxe d'habitation". 

Pourtant, cette hausse ne compense pas la suppression de la taxe d'habitation. Mais elle en serait une conséquence, selon le président de l'Union nationale des propriétaires immobiliers. "On sait que les collectivités locales ont besoin de fonds et on se tourne vers les propriétaires, car les locataires ne payent plus la taxe d'habitation", souligne Christophe Demerson.

En dix ans, la taxe foncière moyenne des Français a augmenté de 25 %.


La rédaction de TF1info | Reportage vidéo Léa Kebdani, Éric Berra

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