Les semi-conducteurs sont présents dans une grande quantité des objets qui nous entourent au quotidien, de notre voiture jusqu'à notre téléphone.
Mais ces composants sont presque tous fabriqués à Taïwan.
Quelques industriels français se sont toutefois lancés dans cette industrie.

Quel est le point commun entre votre téléphone, votre machine à laver et votre four à micro-ondes ? Tous contiennent des semi-conducteurs. Sans ces matériaux, impossible de faire fonctionner toutes les puces électroniques de notre monde moderne. Or, 60% d'entre eux viennent d'un seul et même pays : Taïwan. Cette nation, pas plus grande que la Suisse, s'est imposée comme un rouage essentiel de l'industrie mondiale.

Une équipe du 20H de TF1 a rendez-vous dans une université. Un étudiant nous emmène dans sa salle de classe unique au monde. Le gouvernement et les industries locales ont investi 300 millions d'euros pour reproduire à l'identique une usine de production. "Taïwan a commencé à investir dans le développement des semi-conducteurs dès les années 1980, sans interruption jusqu'à maintenant", détaille Sun-Zen Chen, directeur de laboratoire à l'université.

Illustration du caractère indispensable de Taïwan dans ce secteur : la période du Covid. Plus rien ne sort alors du pays. Chez nous, en France, des usines de production sont à l'arrêt dans l'automobile, l'informatique... et la France découvre son ultra dépendance à Taïwan. 

Pourrait-on aujourd'hui se passer de ce partenaire asiatique ? Une spécialiste nous répond. "Il faudrait plus de trois ans, et plus de 350 milliards de dollars d'investissements pour relancer cette chaîne de production à d'autres endroits du monde", explique Chantal Neri, docteur en physique des matériaux et spécialiste de l'industrie. 

L'Union européenne veut doubler sa production d'ici à 2030

À première vue, impossible, donc, de concurrencer Taïwan. Mais à la sortie du village de Bernin (Isère), à côté de Grenoble, on veut nous prouver le contraire. On y fabrique des semi-conducteurs made in France. D'après Pierre Barnabé, le patron d'une entreprise locale, Soitec, ses produits se retrouvent dans 100% de nos téléphones. Si leurs composants séduisent de plus en plus, c'est parce qu'ils consomment moins d'électricité que leurs équivalents taïwanais. Ce qui intéresse les fabricants de téléphones, mais pas seulement.

L'entreprise, aidée par la région, la France et l'Europe, a dépensé 380 millions d'euros pour s'agrandir. Le nouveau marché visé est celui de l'automobile. Leur promesse est alléchante : avec leurs produits, les voitures électriques pourraient passer de 350 à 500 km d'autonomie. "On pourra équiper 5 millions de véhicules électriques par an, c'est à peu près la taille du marché européen", explique Cyril Menon, directeur général adjoint de Soitec.

Mais attention, pour atteindre ses objectifs, l'entreprise doit recruter en masse : 400 postes sont à pourvoir. Contrairement à Taïwan, l'industrie des semi-conducteurs n'est pas connue de tous en France. Alors, on mise sur la reconversion. 

L'Union européenne, elle, s'est fixée un objectif : doubler la production du Vieux continent et atteindre les 20% de part de marché d'ici à 2030.


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : T. Jarrion, J.P Héquette

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