"Uber files" : révélations sur les pratiques de lobbying du géant des VTC

"Uber Files" : ce qui est reproché à Emmanuel Macron

S.M., avec AFP
Publié le 11 juillet 2022 à 7h49, mis à jour le 11 juillet 2022 à 22h53
JT Perso

Source : TF1 Info

Les révélations sur les pratiques de lobbying de la firme américaine dans plusieurs pays n'épargnent pas la France.
Alors qu'il était ministre de l'Économie (2014-2016), E. Macron aurait entretenu un "deal" secret avec Uber, pour favoriser son développement en France.
Uber, comme l'Élysée, dément.

Emmanuel Macron a-t-il favorisé Uber ? C'est ce qu'indique l'enquête explosive publiée dimanche 10 juillet, par plusieurs médias du monde entier, dont Le Monde et FranceInfo. Ce dossier, baptisé "Uber Files", se base sur plus de 120.000 documents, datés entre 2013 et 2017, et mettant en lumière les pratiques de lobbying d'Uber pour imposer ses visions aux dirigeants politiques de plusieurs pays et faire face à la réticence des chauffeurs de taxis. 

En France, Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie (entre 2014 et 2016) n'échappe pas à ces accusations. Le chef de l'État aurait, lui aussi, eu des liens privilégiés avec la firme américaine, alors en difficulté en France. Des révélations qui ont suscité l'ire de l'opposition, dénonçant notamment un "pacte secret" contre "toutes nos règles", ou encore un "pillage un pays"... On fait le point sur ce qui est reproché au président de la République dans cette affaire. 

"Deal" secret entre Macron et Uber ?

S'appuyant sur différents témoignages et documents, dont de nombreux échanges de SMS, Le Monde conclut à l'existence d'un accord secret entre Uber et Emmanuel Macron à Bercy. Le journal fait état de réunions dans le bureau du ministre, de nombreux échanges (rendez-vous, appels ou SMS) entre les équipes d'Uber France et Emmanuel Macron ou ses conseillers, citant notamment des comptes-rendus de réunions rédigés par le lobbyiste Mark MacGann. Dans une interview au Guardian lundi, celui-ci a d'ailleurs reconnu être à l'origine de la fuite des documents compromettants la société américaine.

Sont pointées du doigt certaines pratiques destinées à aider Uber à consolider ses positions en France, comme le fait de suggérer à l'entreprise de présenter des amendements "clés en main" à des députés. Sollicitée par l'AFP, la société Uber France a confirmé la tenue de réunions avec Emmanuel Macron : des rencontres qui "relevaient de ses responsabilités en tant que ministre de l'Économie et du Numérique supervisant le secteur des VTC"

Uber France revient par ailleurs sur la suspension d'Uber Pop, un service en fonction entre février 2014 et juillet 2015 qui permettait aux utilisateurs d'être mis en relation avec des véhicules dont les conducteurs étaient de simples particuliers, non titulaires d'une licence de taxi ou de VTC. Cette suspension "n'a aucunement été suivie d'une réglementation plus favorable", comme suggéré dans l'idée d'un "deal", souligne Uber France. 

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L’Élysée a pour sa part indiqué à l'AFP qu'Emmanuel Macron, comme ministre de l'Économie, était "naturellement amené à échanger avec de nombreuses entreprises engagées dans la mutation profonde des services advenue au cours des années évoquées, qu’il convenait de faciliter en dénouant certains verrous administratifs ou réglementaires".


S.M., avec AFP

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