"Uber files" : révélations sur les pratiques de lobbying du géant des VTC

"Uber Files" : les oppositions dénoncent un "scandale d'État", LFI envisage une commission d'enquête parlementaire

S.M avec l'AFP
Publié le 11 juillet 2022 à 12h22, mis à jour le 11 juillet 2022 à 21h27
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Source : JT 20h Semaine

À gauche comme à droite, les oppositions dénoncent un pacte "secret" allant à l'encontre de "toutes nos règles", après les révélations des "Uber Files".
Le chef de l'État aurait, alors qu'il était ministre de l'Économie entre 2014 et 2016, entretenu un "deal" secret avec Uber, pour favoriser son développement en France.
Certains responsables politiques réclament une commission d'enquête parlementaire.

L'opposition gronde. Au lendemain des révélations choc des "Uber Files", sur les pratiques de lobbying d'Uber dans plusieurs pays, dont la France, toute l'attention est tournée vers Emmanuel Macron. Alors qu'il était ministre de l'Économie (2014-2016), le chef de l'État aurait passé un "deal" secret avec Uber, pour favoriser son développement en France, selon cette enquête du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ). 

Les élus de l'opposition considèrent qu'il s'agit d'un pacte "secret" allant à l'encontre de "toutes nos règles". Tour d'horizon des principales réactions. 

"Pillage du pays"

À gauche, la patronne des députés LFI Mathilde Panot a dénoncé sur Twitter un "pillage du pays", Emmanuel Macron ayant été selon elle à la fois "conseiller et ministre de François Hollande et lobbyiste pour multinationale états-unienne visant à déréguler durablement le droit du travail"

Le numéro un du PCF Fabien Roussel a dénoncé quant à lui des "révélations accablantes sur le rôle actif joué par Emmanuel Macron, alors ministre, pour faciliter le développement d'Uber en France", "contre toutes nos règles, tous nos acquis sociaux et contre les droits des travailleurs". Danielle Simonnet, députée Nupes de Paris, fustige, elle, la "collusion d’intérêts" entre l’ancien ministre de l’Économie et la firme américaine. 

De l'autre côté de l'échiquier politique, Jordan Bardella, président du RN, a jugé que "le parcours d'Emmanuel Macron a une cohérence, un fil rouge : servir des intérêts privés, souvent étrangers, avant les intérêts nationaux".

Bientôt une commission d'enquête ?

"Uber mériterait bien une petite commission d’enquête" parlementaire, juge le député communiste Pierre Dharréville. Avis partagé par le député Insoumis Alexis Corbière. Interrogé sur Public Sénat ce lundi matin, l'élu a considéré que les faits révélés sont "très graves". "Le président ou celui qui va être président ne peut pas être un lobbyiste au service d’intérêts privés et d’une entreprise nord-américaine qui a plus que des délicatesses avec les États-Unis et cherche à contourner les réglementations", a-t-il argumenté. 

"Quelles leçons en tirer ? Évidemment poser la question lorsqu'on peut s'adresser au gouvernement, une commission d'enquête également", a-t-il ajouté. Plus à droite, le député de l'Essonne Nicolas Dupont-Aignan estime sur Twitter qu'une "commission d'enquête parlementaire s'impose". Le Rassemblement national veut, lui, demander une mission d'information.

Une demande d'explications relayée également par la députée LFI Clémence Guetté. Selon elle, Emmanuel Macron a "pactisé en secret avec le géant américain Uber pour pousser dans le sens de la dérégulation" et "va devoir s'en expliquer"

"Tapis rouge"

Interrogé par l'AFP, l'ancien député PS Thomas Thévenoud, qui a donné son nom à la loi d'octobre 2014 délimitant plus précisément les droits et devoirs respectifs des taxis et des voitures de transport avec chauffeur (VTC), estime qu'Emmanuel Macron "est resté un interlocuteur privilégié" d'Uber. Il l'avait rencontré sur le sujet dès le printemps 2014 lorsqu'il était secrétaire général adjoint de l'Élysée. "Il a toujours cherché à dérouler le tapis rouge à Uber", estime-t-il.

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L'ex-député et éphémère secrétaire d'Etat s'interroge aussi sur le rôle d'Elisabeth Borne, qui "connaît parfaitement ces sujets". La cheffe du gouvernement a été ministre des Transports au moment de la loi d'orientation des mobilités puis ministre du Travail quand a été favorisé le dialogue social dans le secteur des VTC - "sans accorder le statut de salarié aux chauffeurs Uber", pointe Thomas Thévenoud.   


S.M avec l'AFP

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