Future première mine de lithium : où trouve-t-on cet "or blanc" en France ?

Maxence Gevin | Reportage TF1 Nathalie Chiesa, Patrick Delannes
Publié le 25 octobre 2022 à 9h47

Source : JT 13h Semaine

Une première mine de lithium française ouvrira dans 5 ans dans l'Allier.
Où se situent nos autres réserves potentielles de ce matériau indispensable pour la fabrication des batteries des voitures électriques ?

"Ce projet, exemplaire sur le plan environnemental et climatique, réduira drastiquement nos besoins d’importation de lithium". Bruno Le Maire a salué ce lundi l'annonce du projet d'Imerys concernant la mise en exploitation minière à venir d'un gisement de lithium en France. Ce complexe va être construit dans l'Allier, à Echassières, d'ici à 2027. "Aujourd'hui, l'Europe est entièrement dépendante des importations de lithium de l'étranger. Ce projet va représenter de 35.000 tonnes de lithium hydroxyde, susceptible d'équiper l'équivalent de 700.000 voitures, par an", se félicite Alessandro Dazza, directeur général du groupe, dans le reportage de TF1 à retrouver ci-dessus.

Ce site, qui héberge depuis 1850 une carrière produisant chaque année près de 30.000 tonnes de kaolin, a depuis longtemps été ciblé pour sa richesse en lithium. De longs mois d'études et de sondages souterrains ont confirmé l'existence de "concentrations et quantités" jugées "très attractives" de cette ressource. Le gisement pourra ainsi "fournir une source domestique durable et compétitive d'approvisionnement pour les constructeurs automobiles français et européens" dans la perspective de "relever les défis de la transition énergétique", note Alessandro Dazza. "On pense que l'on a une réserve qui nous permettra d'extraire pendant au moins 25 années", ajoute Sandrine Péraud-Dégez, directrice des opérations nord à Imerys. 

41 gisements identifiés en France

Cette entreprise pourrait bien en appeler d'autres à l'avenir tant le sol français regorge d'"or blanc". Dans une étude menée en 2018, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) avait ainsi recensé 41 sources de lithium dans l'Hexagone. Les lieux de ces gisements se trouvent plutôt dans le nord du pays, dans une diagonale allant du Massif armoricain au Massif central. "Le Massif central apparait clairement comme le domaine le plus prospectif pour l’exploration minière, notamment ses parties ouest, nord, centre et est. Le sud du Massif Armoricain et les massifs varisques isolés de la Montagne Noire, des Maures-Tanneron et des Vosges et les massifs cristallins externes des Alpes apparaissent également très favorables", détaillaient les auteurs. 

Les zones françaises riches en lithium
Les zones françaises riches en lithium - TF1

Un "or blanc" qui n'est pas sans susciter des craintes dans les endroits sous lesquels il repose. En février dernier, lorsque la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili avait affirmé dans une interview aux Echos que la France devait "extraire du lithium sur son territoire", plusieurs centaines de personnes avaient manifesté leur opposition dans la petite commune finistérienne de Tréguennec (photo ci-dessous), l'un des 41 sites identifiés par le BRGM.

En plus d'exploiter le lithium à même la pierre, ce qui sera le cas à Beauvoir - avec un second site consacré à la purification des minéraux et à la transformation en hydroxyde de lithium -, cette ressource peut être récoltée dans des eaux chaudes géothermales. C'est par exemple le cas en Alsace. "Il y a des sources d'eau chaude sous nos pieds, [à plusieurs kilomètres de profondeur]", explique à TF1 Christophe Neumann, président de la division géothermie d'Électricité de Strasbourg, dans le reportage ci-dessous, diffusé en juin dernier. Cette eau chaude et salée - aussi appelée saumure - "passe dans une roche qui contient du lithium". C'est ce même lithium "que l'on va ensuite prélever", complète-t-il.

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Cette ressource, dont la valeur ne cesse de flamber, devrait jouer un rôle clé dans les prochaines années, en particulier parce qu'elle constitue une ressource indispensable pour la fabrication des batteries des voitures électriques. De quoi lui donner une importance considérable, quoique paradoxale - car son exploitation est très gourmande en eau et produit des déchets - du point de vue écologique.


Maxence Gevin | Reportage TF1 Nathalie Chiesa, Patrick Delannes

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