Bac 2023 : gare à l'absentéisme des lycéens après les premières notes finales, avertit le ministère

Publié le 13 avril 2023 à 13h28

Source : TF1 Info

Les élèves de terminale ont découvert mercredi les notes de leurs épreuves de spécialité du bac.
Dans la foulée, le ministère de l’Éducation a appelé les concernés "à maintenir leurs efforts" jusqu’en juin.
Pour cause : depuis la fin de la première salve d’examens en mars, les classes se vident…

Une étape franchie mais ce n’est pas fini. C’est, en substance, le message qu’a tenu à faire passer le ministère de l’Éducation nationale aux élèves de terminale qui ont découvert, ce mercredi 12 avril, les notes de leurs copies d'épreuves de spécialité du baccalauréat.

"Le troisième trimestre est d'ores et déjà en cours. Les élèves doivent maintenant poursuivre leurs efforts autour des évaluations des disciplines du tronc commun qui comptent dans 40% des résultats finaux, maintenir leur investissement en enseignements de spécialité dans l’objectif de préparer leur épreuve du grand oral et leur entrée dans le supérieur", est-il écrit dans un communiqué. Une mise en garde qui intervient alors que de nombreux enseignants déplorent un relâchement général depuis la fin des épreuves de spécialité qui se sont déroulées pour la première fois cette année au mois de mars. 

"Pire une fois les résultats connus"

"On a un certain nombre de retours de collègues qui confirment que des élèves viennent en pointillé, que des classes se trouvent à moitié vides", nous expliquait, il y a quelques jours, Jean-Rémi Girard, professeur de français et président du Syndicat national des collèges et lycées (Snalc), qui compte lancer une enquête d'ici la fin du mois d’avril pour quantifier le phénomène. "Cela nous permettra de voir si ces élèves se sont absentés un temps juste après les épreuves ou si on est sur du décrochage structurel", soulignait-il.

En plaidant dès le mois de septembre pour un report des épreuves de spécialité en mai, voire en juin, en même temps que la philosophie et le grand oral, c’est précisément cet effet de "décrochage" que redoutaient les syndicats enseignants. "Personne ne semble vraiment surpris de ce qui se passe, certains enseignants comprennent même", estime le représentant du Snalc insistant sur le fait que "c'était le risque" et que cela peut "même être pire une fois les résultats connus".

"Troisième trimestre compris"

Si la tentation de relâcher ses efforts est si prégnante chez les lycéens, c’est que les deux spécialités de terminale retenues sont affectées d’un coefficient 16 et comptent pour 32% de la note finale au bac. Elles seront par ailleurs, pour la première fois aussi, prises en compte par la plateforme d'admission post-bac Parcoursup et deviennent ainsi un critère de taille pour être admis dans la formation de son choix. Or, à compter de ce jeudi, les élèves disposeront de leurs copies tandis que les résultats, publiés depuis mercredi après-midi sur le site de l’Éducation nationale Cyclades, apparaitront dès ce vendredi également sur la plateforme Parcoursup. De quoi en conclure semble-t-il pour certains élèves que les dés sont d'ores et déjà jetés…

Pourtant, le ministère comme les enseignants sont unanimes : les lycéens qui ne maintiendraient pas le cap jusqu’à la fin de l’année risquent gros, et notamment des débuts dans l’enseignement supérieur avec d'importantes lacunes. A titre de repère, à la fin des épreuves de spécialité, un tiers du programme restait encore à étudier. 

Dans ce contexte, l'assiduité jusqu'au bout peut faire la différence, insiste le ministère. "Les appréciations du Livret scolaire du lycéen (LSL) rendront compte pour les réunions du jury de délibération de juillet, de l’assiduité, du travail, des progrès et de la capacité à réussir de chacun sur l’ensemble de l’année, troisième trimestre compris", précise encore le communiqué. "Ces éléments, qui incluent l’ensemble des notes jusqu’à la fin de l’année scolaire, seront également pris en compte dans la phase complémentaire de Parcoursup", ajoute-t-il.

Pour rappel, après plusieurs éditions perturbées par la crise sanitaire, jamais les épreuves de spécialité héritées de la réforme de 2019 initiée par Jean-Michel Blanquer, n'avaient encore pu se dérouler en mars. Cette année, la première salve d'examens s'est échelonnée sur trois jours du 20 au 22 mars prochains pour les filières générale et technologique.


Audrey LE GUELLEC

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