Découvrir l’eau au plus tôt, pratiquer des activités ludiques, désamorcer les peurs…
L’eau impressionne et angoisse souvent les parents.
Pascal Forassasi, entraîneur des enfants au Cercle des nageurs de Marseille, nous apporte quelques conseils pour contourner cette difficulté.

D’après une étude de l’agence Santé publique France, publiée en 2017, un Français sur 7 ne sait pas nager. D’autres études sur le sujet montrent que les inégalités sociales accentuent le phénomène : en Seine-Saint-Denis, par exemple, une personne sur deux resterait incapable de se mouvoir dans l’eau. En France, l’initiation à la natation est obligatoire en école primaire. Mais une séance par semaine pendant un trimestre ne permet pas d’apprendre correctement à nager.

À l’occasion de la course en eau libre, le Défi de Monte Cristo, dont la 26ᵉ édition se tient entre le 31 mai et le 2 juin, nous nous entretenons avec Pascal Forassasi, entraîneur des enfants au Cercle des nageurs de Marseille. Le 31 mai, le défi consacre son après-midi à la natation pour les enfants des écoles à Marseille. À cette occasion, le village-départ initie 300 enfants à la natation en mer.

3 à 4 ans pour maîtriser les nages

À quel âge mettre son enfant dans l’eau ?

Pascal Forassasi : Il existe plusieurs étapes. Les bébés nageurs peuvent accueillir des bébés à partir de 7 mois avec leurs parents dans une eau au-dessus de 30 degrés. Des éducateurs restent en observation et prodiguent des conseils. Dès l’âge de cinq ans, nous pouvons commencer à leur apprendre la nage. Au cercle des nageurs de Marseille, nous proposons deux à trois entraînements par semaine. Beaucoup d’enfants que nous encadrons viennent par le biais de l’école où l’instruction de la natation est obligatoire. Mais un entraînement de 40 minutes par semaine pendant un semestre ne suffit pas à apprendre à nager. S’ils n’ont pas de cours, vous pouvez mettre votre enfant dans l’eau avec une ceinture ou une frite flottante sous le bras. Se faire peur n’est pas grave tant qu’il reste en sécurité, ça lui permet de prendre conscience du danger.

Par quoi faut-il commencer ?

Nous démarrons par des nages plus faciles que d’autres, avec la tête hors de l’eau, une prise de respiration facilitée et une meilleure flottabilité à l’image du dos crawlé. La brasse, le crawl et le papillon viennent ensuite. L’évolution prend du temps, il faut de 3 à 4 ans pour maîtriser toutes les nages.

Comment fidéliser les enfants ?

Il faut casser l’aspect exercice par des jeux dans l’eau. Au Cercle des nageurs, nous essayons de trouver des activités ludiques qui amènent à des déplacements. L’hiver, ce n’est pas évident de leur donner envie de nager, il fait froid et il faut nager constamment pour se réchauffer. Nous favorisons la compétitivité entre les enfants avec des relais, des parcours ou des courses individuelles. Nous pouvons également organiser des jeux de ballon.

À Marseille, la natation devient difficile à pratiquer à cause du manque de piscine"
Pascal Forassasi, entraîneur des enfants au Cercle des nageurs de Marseille

La mer, un obstacle ou une opportunité pour les enfants ?

En mer, nos corps flottent davantage grâce au sel. C’est plus facile de se déplacer à l’aide des courants et des vagues. Les enfants peuvent découvrir le milieu aquatique grâce à la mer tant qu’ils ont pied, qu’ils se trouvent dans un endroit balisé et surveillé par des éducateurs spécialisés. À Marseille, la natation devient difficile à pratiquer à cause du manque de piscine. Les piscines de mer, installées en bord de plage, sont toujours de beaux succès avec des centaines d’enfants qui participent. Je suis pour un plus grand développement de ces dispositifs.

Les enfants aguerris peuvent parcourir une petite distance du Monte Cristo (1 kilomètre par exemple). Nous voyons souvent des familles nager ensemble. Mais attention, ils doivent rester endurants : ils n’auront aucune possibilité de se reposer pendant l’épreuve.

Pour tout savoir de la course, rendez-vous sur le site du Défi de Monte Cristo.


Geoffrey LOPES

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