Garde des enfants : le père est-il toujours autant défavorisé ?

par Marjorie RAYNAUD pour TF1 INFO
Publié le 15 septembre 2023 à 9h00

Source : JT 20h Semaine

Un père qui demande la garde alternée a 80 % de chances de voir sa requête acceptée.
Le taux de garde des enfants par le père a légèrement augmenté en dix ans.
La part de familles monoparentales a fortement grimpé au fil des années.

Selon des statistiques du ministère de la Justice datant de 2010, dans 72,1 % des divorces, la garde des enfants revenait à la mère. En 2023, ces chiffres sont-ils toujours d’actualité ? En cas de séparation, la mère est-elle toujours autant favorisée ? En 2021, derniers chiffres en date sur le sujet, près des trois quarts des décisions de justice confiaient les enfants à leur mère. Dans 10 % des cas, la garde des enfants était confiée au père. Entre 2012 et 2013, la proportion de gardes accordées au père était encore plus faible qu’elle ne l’est actuellement : elle se situait aux alentours de 7-8 %. Alors, qu’est-ce qui a changé ?

Garde des enfants : vers une meilleure considération des papas ?

De façon générale, même si les pères sont plus nombreux qu’en 2012 à obtenir la garde exclusive de leurs enfants, les mères sont encore privilégiées. Avant l’âge de 3 ans, il est quasi systématique que la maman obtienne la garde, en raison du lien émotionnel entre le bambin et cette dernière. S’il est allaité, les chances passent alors à 100 %. Depuis plusieurs années, les pères revendiquent néanmoins de plus en plus leurs droits d’élever leurs enfants. Pour les professionnels du droit, juges comme avocats, il n’est plus forcément évident de confier la garde des petits à la mère. Leurs décisions doivent avant tout s’appuyer sur l’intérêt de l’enfant. Pour autant, si l’on en croit les statistiques, un père a plus de chance d’obtenir la garde alternée, acceptée dans 80 % des cas, qu’une garde exclusive.

La garde alternée en augmentation grâce à ses nombreux avantages

Au fil des années, la part de familles monoparentales a malheureusement augmenté. Elle est passée de 12 % en 1990 à 17 % en 1999 pour atteindre 22 % en 2013. En 2020, l’Insee révélait qu’elle se situait désormais à 25 % des familles. La question de la garde des enfants concerne de plus en plus de parents, dorénavant plus ouverts à l’idée d’opter pour la garde alternée. D’après l’Insee, en 2020, 12 % des enfants vivent en résidence alternée et passent donc la moitié du temps chez chaque parent. Une part qui croît régulièrement jusqu’aux 10 ans de l’enfant. De nombreuses études mettent en évidence un meilleur développement de l’enfant lorsqu’il grandit avec ses deux parents de manière égalitaire plutôt que dans le cadre d'une résidence classique. D’après les données recensées par l’Insee, par rapport à ceux qui optent pour une garde exclusive, les parents d’enfants en résidence alternée réussissent mieux dans le domaine du travail : ils sont davantage diplômés et s’illustrent plus souvent en tant que cadres ou au sein de professions intermédiaires. Le taux d’emploi des mères de ces enfants est proche de celui des pères (89 % contre 92 %), et bien supérieur à celui des mères vivant dans une famille “traditionnelle” (77 %).


Marjorie RAYNAUD pour TF1 INFO

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