Interdit en école maternelle, le redoublement peut être conseillé aux plus grands à titre exceptionnel.
Souvent décriée par les professeurs et les chefs d’établissement, cette pratique peut avoir des conséquences sur l’enfant.
Plutôt qu’un redoublement, d’autres mesures restent envisageables pour traiter le problème à la racine.

Le redoublement pourrait bien revenir en force d’ici les prochaines années, à en croire Gabriel Attal. Le 5 décembre 2023, le Ministre de l’Éducation nationale a classé cette pratique parmi les mesures visant à élever le niveau des élèves. 

Plébiscitée autour des années 2000, elle reste aujourd’hui plutôt rare. Depuis la loi du 8 juillet 2013 relative à l’orientation et la programmation pour la refondation de l’École de la République, le redoublement s’utilise principalement lorsque l’élève a manqué une partie conséquente de son année scolaire ou en cas de désaccord entre les parents et les professeurs sur l’orientation de l’enfant.

Est-ce que le redoublement est justifié ?

À l’heure actuelle, de mauvais résultats scolaires ne justifient pas un redoublement. Les professeurs ont interdiction de l’imposer aux parents. Néanmoins, il est parfois conseillé en sachant qu’il ne peut être prononcé qu’une seule fois entre le CP et le collège. 

Manque de maturité, de travail, lacunes dans certaines matières, problèmes familiaux ou de santé, trouble de l’apprentissage… tous ces motifs ne représentent pas une raison valable pour faire redoubler un élève. Toutefois, il convient d’identifier la cause et les difficultés afin de rétablir la situation.  

L’intervention de certains professionnels peut se révéler judicieuse. Par exemple, un rendez-vous chez le psychologue peut permettre de détecter d’éventuels troubles comme une hyperactivité. 

Pour les élèves qui ont du mal dans une ou deux matières, du soutien scolaire ou du rattrapage suffit. Il est préférable d’intégrer les notions fondamentales non acquises afin de simplifier le passage dans la classe supérieure. Dans le cas contraire, le retard risque de se creuser davantage. 

Une mesure jugée inefficace et contre-productive

De manière générale, le corps professoral et les chefs d’établissements considèrent le redoublement comme peu efficace. Pour eux, il ne s’agit pas de la meilleure manière de lutter contre le décrochage scolaire. Un redoublement booste rarement les résultats de l’élève. Contraint à revoir les mêmes cours, il peut éprouver de l’ennui en classe.

Dans un courrier envoyé aux professeurs et membres de la communauté éducative, Gabriel Attal annonce qu’en cas de lacunes trop importantes, ce sont les enseignants qui auront le dernier mot. Ils pourront imposer un redoublement, même sans l’accord des parents. 

Un « coup dur » pour l’ élève redoublant

Pour ceux qui sont invités à « repiquer », le coup peut parfois s’avérer rude. Selon les enfants, un redoublement représente un échec, une punition ou une humiliation. Le fait d’être privé de ses copains qui passent dans la classe supérieure peut être mal vécu. D’autant plus quand l’élève en question manque de confiance en lui.

Pédopsychiatre et auteure du livre « Apprendre à se concentrer : comprendre votre enfant, le motiver et jouer avec lui », Florence Millot explique sur le site Parents que cette pratique impacte parfois l’estime de soi. 

Mieux vaut rassurer son enfant en ne se formalisant pas. Considérer le redoublement comme une seconde chance permet de dédramatiser sans banaliser. Une année représente peu dans une existence. Comme le souligne Florence Millot, « un redoublement, c’est une goutte d’eau dans l’océan qu’est la vie de l’enfant »


Emilie CARTIER pour TF1 INFO

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