Débutée le 26 février, la mobilisation se poursuit pour les professeurs, parents et élèves de Seine-Saint-Denis.
Comme lors du retour des vacances de février, un appel à la grève a perturbé la rentrée scolaire, lundi.
Le personnel éducatif demande un plan d'urgence pour les établissements du département.

Les élèves de la zone C ont repris les cours ce lundi 22 avril après deux semaines de repos. Mais comme lors du retour des vacances de février, la rentrée scolaire est perturbée en Seine-Saint-Denis. En cause : la mobilisation du personnel éducatif qui continue d'appeler à la mise en place d'un plan d'urgence pour soutenir l'école publique dans ce département. "Faire une grève le jour de la rentrée, c'est plus que symbolique, c'est un engagement très fort. En tant que professeur, on a quand même à cœur d'accueillir les élèves", insiste auprès de TF1info Louise Paternoster, enseignante et co-secrétaire de la CGT Éduc Action 93.

On est sur une non-réponse
Marie-Hélène Plard, co-secrétaire FSU-SNUipp 93

Cette nouvelle grève initiera la septième semaine de mobilisation, hors vacances scolaires, alors que le mouvement, débuté le 26 février dernier, est en passe de devenir le plus long qu'a connu le département. "On poursuit la mobilisation parce qu'on est sur une non-réponse alors que clairement, on est sur une situation qui ne tient plus dans les écoles et les établissements de Seine-Saint-Denis", a justifié, Marie-Hélène Plard, co-secrétaire FSU-SNUipp 93.

L'intersyndicale a déjà été reçue par le Premier ministre, Gabriel Attal, puis par la ministre de l'Éducation nationale, Nicole Belloubet. Dans un communiqué publié à l'issue de cette rencontre, le 15 avril dernier, le ministère a assuré de son "attention particulière à la situation du département", tout en mettant en avant "les investissements effectués en matière scolaire" par le gouvernement depuis 2017. "Plus de 200 millions d'euros supplémentaires sont investis chaque année depuis 2022 pour l'éducation prioritaire en Seine-Saint-Denis", est-il souligné.

"Oui, il y a des moyens supplémentaires qui sont alloués à l'éducation prioritaire, mais qui sont les mêmes moyens déployés partout sur le territoire national", répond Marie-Hélène Plard. Pour elle, comme pour l'ensemble du mouvement, la situation particulière en Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre et le plus jeune de France hexagonale, justifie le plan d'urgence demandé par le personnel éducatif. 5000 postes d'enseignants supplémentaires sont notamment demandés.

Le ministère devrait à nouveau rencontrer l'intersyndicale d'ici trois semaines. En attendant, le mouvement devrait se poursuivre, alors que la mobilisation, au bout de sept semaines, stagne. À la mi-journée ce 22 avril, plus de 30% du personnel dans les écoles, collèges et lycées était gréviste, selon l'intersyndicale. D'autres manifestations et événements sont attendus dans les prochaines semaines.

Le mouvement est par ailleurs soutenu par plusieurs municipalités du département du 93. Début avril, 12 mairies de gauche, à l'instar de Montreuil, de la Courneuve ou Pantin, ont signé un arrêté municipal mettant en demeure l'État afin d'améliorer en urgence l'état de l'Éducation nationale dans leurs communes, quitte à ce qu'une astreinte financière pouvant aller jusqu'à 500 euros par jour soit appliquée. En réaction, la préfecture a saisi la justice administrative pour suspendre les arrêtés. La décision judiciaire est attendue pour ce mercredi 24 avril.


Aurélie LOEK

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TF1 Info