Les enseignants, élèves et parents sont appelés à manifester ce samedi dans toute la France contre la réforme de l'éducation initiée par le gouvernement.
Les professeurs sont notamment mobilisés contre le "choc des savoirs" promis par Gabriel Attal lorsqu'il était ministre.
L'instauration de groupe de niveaux inquiète certains d'entre eux.

C'est un plan qui divise le monde de l'éducation. Présenté en septembre par Gabriel Attal, alors ministre de l'Éducation nationale, le "choc des savoirs" mobilise à nouveau contre lui ce samedi. Enseignants, parents et élèves sont appelés à manifester dans toute la France contre cette réforme, dont un chapitre suscite particulièrement des crispations, la mise en place de groupes de niveaux au collège. 

Dans un communiqué commun, les syndicats d'enseignants de de lycéens  appellent "celles et ceux qui se retrouvent dans le projet d’une école publique, laïque et émancipatrice à manifester pour l'école publique et pour dire non au 'choc des savoirs'"

Ce plan, qui vise à "élever le niveau de l’école", selon le ministère de l'Éducation nationale, commencera à être mis en place à partir de la rentrée 2024. En quoi consiste ce programme et quelles en sont les mesures clivantes ? TF1info fait le point.

Quels sont les trois axes du "choc des savoirs" ?

Lors de sa conférence de presse sur le "choc des savoirs", début décembre, Gabriel Attal avait mis en avant trois axes. D'abord, le projet prévoit de "mieux soutenir les professeurs pour mener la bataille des savoirs". L'objectif ? Remettre au centre de l'apprentissage réalisé à l'école primaire "les savoirs fondamentaux" : la lecture, l'écriture ou encore le calcul. Alors que les jeunes Français obtiennent toujours de mauvais résultats en mathématiques en comparaison à ceux des autres pays européens, le "choc des savoirs" prévoit un apprentissage plus rapide des fractions et des nombres décimaux au primaire. L'ensemble des programmes de français et de maths de la maternelle jusqu'à la 6ᵉ seront par ailleurs révisés d'ici à la rentrée 2025. 

La deuxième priorité formulée par le gouvernement consiste à "adapter l'organisation des enseignements aux besoins de chaque élève". Une consigne qui concerne avant tout le collège, avec la mise en place prévue de nombreuses mesures étalées entre la rentrée 2024 et la rentrée 2026. Ainsi, des groupes de niveaux seront créés en français et en maths au collège. Les collèges des réseaux d'éducation prioritaires devront généraliser l'accueil de 8h à 18h des élèves, avec le renforcement de l'aide aux devoirs, du sport et de l'apprentissage culturel et artistique dans ces établissements. L'enseignement des matières générales sera par ailleurs aussi approfondi en terminale professionnelle.

Enfin, le dernier enjeu du "choc des savoirs" est de "rehausser le niveau d'exigence et d'ambition pour tous les élèves". "Les professeurs auront désormais le dernier mot s'agissant du redoublement", assurait ainsi en novembre Gabriel Attal dans un courrier adressé aux professeurs. L'obtention du brevet des collèges deviendra par ailleurs obligatoire pour passer en classe de seconde.

Quelles sont les mesures critiquées ?

Plusieurs mesures de ce "choc des savoirs" inquiètent les enseignants. La création de "groupes de niveaux" au collège fait particulièrement grincer les dents des syndicats. "[Ces groupes] provoqueront un tri social dès le plus jeune âge, alertait le SNES-FSU début 2024. "Ils vont conduire à une forme d’assignation sociale et scolaire d’une grande violence pour les élèves." "C’est ni fait, ni à faire", déplorait Jean-Rémi Girard, président du Snalc (Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur), selon des propos rapportés par Le Figaro. "Le timing n’était pas tenable à l’origine. Il l’est encore moins avec le changement de ministre."

Tout comme la généralisation de l'obtention du brevet pour rentrer au lycée, la CGT-Éducation critique aussi pour sa part le retour de redoublements plus fréquents. "On aimerait bien comprendre comment le recours au redoublement sera financé alors que le ministère continue de supprimer des postes et que les concours ne font pas le plein", expose le syndicat sur son site internet. 


Theodore AZOUZE

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