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Nice : Cyrano, l'école des hauts potentiels qui apprend aux petits génies à mieux s'épanouir

V.F
Publié le 31 octobre 2021 à 18h24
JT Perso

Source : Sept à huit

SURDOUÉ – À 10 ans, certains sont déjà en classe de seconde, mais les enfants à haut potentiel intellectuel sont également fragiles ou hypersensibles. À l'école Cyrano de Nice, où se sont rendues les équipes de "Sept à Huit", on leur apprend à mieux vivre leurs différences.

Avoir un QI supérieur à la moyenne est-il toujours un atout pour réussir à l'école ? Même si cela fait rêver quelques parents qui imaginent pour leur enfant un destin de génie, rien n'est moins sûr... Car la vie des enfants et des adolescents à haut potentiel intellectuel (HPI) est souvent plus compliquée que celle des autres ; ces derniers apparaissant souvent comme décalés ou se sentent différents. C'est le cas de la plupart des 85 élèves de l'école Cyrano, une école privée hors contrat, située à Nice. Supérieurement intelligents, ils sont aussi très fragiles. 

Paul, par exemple, a 12 ans et est déjà en quatrième, mais il a de gros problèmes de concentration. Au cours de sa scolarité, on lui a même dit qu'il était bête. Denis, 18 ans en première, est lui autiste Asperger. Il peut battre des enseignants à la retraite dans son club "Questions pour un champion", mais il n'est pas encore capable d'entrer en contact avec les jeunes de son âge. Comme Marie. Pendant deux ans, elle a été en situation de phobie scolaire et n'arrivait plus à se lever le matin pour aller en cours. Ici, elle réapprend doucement à faire confiance aux autres. 

Une classe ouverte

Pour que ces enfants aux capacités intellectuelles hors normes souffrent moins à l'école, Stéphan Bousquet, le directeur de l'école Cyrano, lui-même HPI, et son épouse Mariette ont mis au point une pédagogie très personnelle. Il faut dire que de 3 à 18 ans, Stéphan a vécu les mêmes épreuves que ses élèves : brimades de ses enseignants ou encore moqueries des autres élèves. Son quotient intellectuel est pourtant hors du commun. Il connait ainsi l'ensemble des programmes de la petite section de maternelle à la terminale dans toutes les matières. Il est aussi pianiste, ancien brillant élève du Conservatoire et peut également prendre en cours de route une conversation sur la programmation informatique. 

Lui qui a tellement souffert de l'intransigeance de ses enseignants veut avant tout une classe ouverte où l'on peut faire une pause ou suivre les cours debout, surtout lorsque l'on a cinq d'avance comme Hugo, un autre de ses élèves. "Je ne vais pas aller attacher un gamin et lui dire : 'tu t'assois, tu te tais', ou alors avoir une classe qui est super calme. Il faut qu'on vive. C'est trop facile d'être devant une classe où les gamins ont été bien dressés, où on leur a bien cassé le moral et où ils vont s'asseoir, ne rien dire et participer quand on leur demande. Moi, ça me déprime", explique-t-il. 

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C'est pour accompagner leurs trois enfants, eux-mêmes HPI, que Mariette et Stéphan ont créé cette école il y a dix ans. Depuis, 850 élèves y ont été scolarisés, avec des progrès parfois spectaculaires. Mais les dix enseignants doivent gérer parfois des changements brutaux d'humeur. Leur méthode : beaucoup de fermeté sans jamais perdre ses nerfs. Deux fois par semaine, une permanence psychologique est aussi assurée dans l'école par Savinien, le fils ainé de Stéphan et Mariette, psycho-praticien. Au total, le coût de la scolarité s'élève à 8000 euros par an. 


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