Rentrée scolaire : une pénurie d'enseignants qui inquiète

A.B. avec AFP
Publié le 23 août 2022 à 7h59
JT Perso

Source : TF1 Info

Les métiers de l'enseignement font face à une crise de recrutement inédite.
Cette année, plus de 4000 postes n'ont pas été pourvus aux concours enseignants, un taux historiquement bas.
Des difficultés notamment liées à une crise d'attractivité du secteur.

Le secteur de l'enseignement est en crise. Alors que la rentrée scolaire doit se tenir dans un peu moins de dix jours, les écoles pourraient faire face à une pénurie de professeurs inédite. Difficile dans ce contexte pour le ministre de l'Éducation nationale, Pap Ndiaye, qui vivra sa première rentrée dans ses fonctions, de tenir sa promesse de mettre "un professeur devant chaque classe".

Ainsi, cette année, plus de 4000 postes n'ont pas été pourvus aux concours enseignants, un taux historiquement bas, selon les chiffres du ministère de l'Éducation nationale. Dans le premier degré public, le taux de postes pourvus est de 83,1%, contre 94,7% l'an dernier. Pour les collèges et lycées, il se situe à 83,4%, contre 94,1% en 2021. Ces difficultés de recrutement particulièrement aiguës, notamment liées à une crise d'attractivité du métier, font craindre une rentrée scolaire sous tension.

Un problème qui s'est aggravé

"Nous avons un problème de recrutement des professeurs", avait déjà reconnu en juillet Pap Ndiaye. "C'est un problème ancien, mais qui s'est aggravé ces dernières années". Pour tenter d'éviter que des classes se retrouvent sans enseignant en capacité de prendre en charge les élèves en septembre, des cellules ont été mises en place cette semaine dans chaque académie pour "régler les difficultés là où elles se posent" et préparer au mieux la rentrée des 12,2 millions d'élèves français. 

Il faut dire que toutes les régions ne sont pas confrontées à ces difficultés. Dans le premier degré, qui regroupe les écoles maternelles et élémentaires, les académies franciliennes et particulièrement celles de Créteil et Versailles sont particulièrement touchées par le manque de professeurs. À peine plus de 900 candidats ont été recrutés sur 1665 postes ouverts à Créteil, et pas plus à Versailles, pour 1600 postes ouverts.

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Des disparités qui existent également entre les disciplines. Les professeurs d'allemand manquent largement à l'appel avec 55% des postes pourvus contre 70 à 81% durant les trois années précédentes. Mêmes difficultés pour les lettres classiques (57%), la physique-chimie (66,7%) ou encore les mathématiques (68,5%).

Les promesses du gouvernement

Pour répondre à cette crise de l'enseignement, des professeurs contractuels vont faire leur rentrée dans quelques jours. Notamment embauchés en juin, lors de "job-dating" très controversés, ils sont détenteurs d'une licence, peu importe le thème, et commenceront leurs nouvelles fonctions avec seulement quelques jours de formation. Une situation qui fait largement débat au sein des syndicats. "La question n'est pas de savoir si ça nous convient ou pas, c'est qu'il n'y a pas le choix. C'est-à-dire qu'à ce stade, il faut recruter vite, il faut former vite pour que des enseignants soient opérationnels sur le terrain dès les premiers jours, ce qui va être, bien évidemment, une opération difficile", estime ce mardi matin sur LCI Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du SNPDEN-UNSA.

"Ça reste quand même très léger. Ça ne remplace pas une formation un peu plus conséquente", s'inquiète de son côté Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, qui évoque"une forme d'agacement". "De la même manière qu'on n'accepterait pas que son médecin soit recruté en 30 minutes, ou que son pilote d'avion soit recruté en 30 minutes, il ne me semble pas concevable  que des enseignants, qui vont avoir en charge des enfants dans quelques jours, reçoivent ce peu de formation avant la rentrée et soit ainsi lancé dans le grand bain devant les élèves", détaille-t-elle sur LCI. Selon la secrétaire générale du Snes-FUS, cette rentrée scolaire 2022-2023 est ainsi "la rentrée de la pénurie"

Pour tenter de faire face à cette crise de vocation, le ministre de l'Éducation nationale a ainsi annoncé, début août dernier, le lancement, à l'automne, de "milliers de débats démocratiques" pour que "les communautés éducatives qui le souhaitent, puissent échanger et imaginer un nouveau projet d'établissement et de pédagogie". Pap Ndiaye a également promis une revalorisation salariale avec 2000 euros net par mois pour les enseignants débutants en 2023.


A.B. avec AFP

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