Pour susciter l'intérêt des élèves, certains professeurs ont investi les réseaux sociaux.
Dans des petites vidéos ludiques, ils imaginent d'autres moyens pour intéresser leur public à leur matière.
Une méthode qui permet de compléter les enseignements reçus à l'école.

"Quand je filme, le téléphone est dans un coin et il faut pas que ça envahisse notre journée de classe." Nourimane Jouak est institutrice dans une école maternelle à Montpellier, dans l'Hérault. Mais c'est aussi une star des réseaux sociaux. Suivie par près de 200.000 personnes, elle partage dans de nombreuses vidéos des moments de classe et les activités qu'elle organise auprès de son jeune public.

"Comme je suis dans un processus de création, j'avais envie de partager tout ce que je crée et petit à petit, je me suis mise à filmer des moments d'apprentissage. Pas pour être intrusive dans la vie des enfants, mais pour montrer comment se positionner, à quel moment donner le matériel aux enfants...", explique-t-elle dans le reportage TF1 en tête de cet article.

Toutes les matières sur les réseaux sociaux

Parmi son public, se trouvent beaucoup d'autres enseignants, mais aussi des parents, et notamment ceux de ses propres élèves. "Je suis la maitresse sur les réseaux pour voir toutes les activités qu'ils font. Ça nous intéresse beaucoup", souligne une maman. "Partager, ça permet aussi aux familles et au quidam de se rendre compte ce qu'est le métier", valorise la directrice de l'école, Cécile Cazals.

Nourimane Jouak n'est pas la seule membre du corps professoral à investir les réseaux sociaux. D'autres enseignants proposent des vidéos pour réviser certains concepts mathématiques, comme les bases de l'algèbre ou le théorème de Pythagore. D'autres tentent de nous familiariser avec les subtilités de la grammaire anglaise ou même déconstruisent notre regard sur l'une des matières les plus redoutées : la philosophie.

On doit s'adapter aussi à ce que les élèves, eux-mêmes, regardent
Lev Fraenckel, professeur de philosophie

Lev Fraenckel, professeur de lycée, en a même fait son activité principale. Il s'est mis en congé sabbatique il y a deux ans pour se consacrer à sa chaîne et ses dizaines de milliers d'abonnés. "J'ai commencé à l'arrache, et puis petit à petit, on a commencé à acheter du matériel et maintenant qu'il y a une certaine rentabilité économique de la chaine, on peut commencer à investir un peu plus", précise-t-il.

Si cela fonctionne, c'est parce que l'enseignant explique les concepts philosophiques en s'appuyant sur des exemples qui parlent aux jeunes. "Je trouve qu'on doit s'adapter aussi à ce que les élèves eux-mêmes regardent, ce à quoi ils s'intéressent, parce que c'est une manière de leur montrer qu'ils sont déjà en train de se poser des questions philosophiques quand ils regardent une série télé", met-il en avant.

Il va même encore plus loin en utilisant des textes de rap pour évoquer les grands noms de la philosophie. Et cela fonctionne auprès des élèves de terminale. "Ça permet une compréhension d'un concept qui est pourtant très abstrait. Et c'est sympa parce que c'est pas du tout scolaire", souligne l'un d'entre eux. C'est également un moyen ludique pour réviser avant chaque contrôle. Avec leurs centaines de milliers d'abonnés, ces enseignants influenceurs pourraient même réconcilier les parents avec les réseaux sociaux. 


La rédaction de TF1info | Reportage : Laura Adda, Marine Derre

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