Droit à l’image des enfants : mieux sensibiliser les parents contre les dérives du "sharenting"

par Sabine BOUCHOUL | Chronique : Benjamin MULLER
Publié le 12 février 2024 à 11h32

Source : Bonjour !

Les enfants ont désormais leur mot à dire sur le droit à l'image.
L'Assemblée Nationale a adopté une loi destinée à mieux protéger nos enfants sur Internet, en particulier sur les réseaux sociaux.
Benjamin Muller revient sur la pratique du "sharenting" dans Bonjour ! La Matinale TF1.

À l’ère des réseaux sociaux, difficile de résister à l’idée de partager avec ses amis les photos de ses vacances en famille, des premiers pas de son, son premier anniversaire. Poster est devenu banal et il a même un nom quand il concerne spécifiquement les parents qui postent des photos de leurs enfants : le sharenting. Pour contrer cette pratique, l’Assemblée nationale a voté le 6 février dernier une loi visant à protéger le droit à l’image des enfants. Benjamin Muller revient sur l’adoption de ce texte dans Bonjour ! La Matinale TF1.

Les enfants ont le droit à leur vie privée

D’après l’Observatoire de la parentalité, un parent sur deux publie des photos ou vidéos de ses enfants sur les réseaux sociaux. Certains vont parfois même trop loin en postant des moments de grande intimité ou même dégradants. Les députés, en adoptant cette proposition de loi, ont souhaité protéger les enfants de ces dérives et introduire la notion de vie privée de l’enfant dans la définition de l’autorité parentale du Code Civil.

Désormais, un juge peut interdire aux parents de poster des photos de leur progéniture. Pour Benjamin Muller, cette loi vise surtout les parents séparés ou divorcés. Le juge pourrait intervenir pour empêcher un parent qui poste trop de photo alors que l’autre parent s’oppose au partage des clichés sur les réseaux. Dans certains cas, le juge peut aussi confier l’exercice du droit à l’image de l’enfant à un tiers et le déchoir "l’autorité parentale numérique".

Sensibiliser les parents

Le juge pourra aussi intervenir dans les cas où les parents postent des vidéos mettant en scène leur enfant dans des situations dégradantes, humiliantes ou choquantes. Le but ? Empêcher la diffusion de vidéos de parents qui s’amusent à casser des œufs sur la tête de leurs enfants ou à lancer des tranches de fromage sur le visage de leur bébé. 

Cette loi permet de rappeler aux parents que ce que l’on poste sur les réseaux sociaux n’est pas effaçable et ne disparaît jamais et surtout que les photos et vidéos des enfants peuvent être détournées. D’après le National Center For Missing and Exploited Children, 50% des photos sur les forums pédopornographiques proviennent des réseaux sociaux des parents. L’un des enjeux principaux de cette loi est donc la sensibilisation des parents. 


Sabine BOUCHOUL | Chronique : Benjamin MULLER

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