La crise en Nouvelle-Calédonie et les guerres nous confrontent à des images violentes.
Pour les parents, c'est l'occasion de s'interroger sur les discours à tenir pour rassurer et réconforter les enfants face à de telles images.
Benjamin Muller nous explique comment aborder ces sujets d'actualités avec les plus jeunes dans Bonjour ! La Matinale TF1.

Crises, guerres, attentats, catastrophes naturelles. Les événements traumatiques et les images violentes s’enchaînent dans les médias. Si elles peuvent heurter et choquer les adultes, pour les enfants, se retrouver nez à nez devant ces sujets en regardant la télé, c’est encore pire. Surtout, s’ils vivent à proximité de ces événements, comme en Nouvelle-Calédonie, en proie à une grave crise. Dans Bonjour ! La Matinale TF1, Benjamin Muller nous explique comment parler de ces sujets d’actualité à nos enfants.

Trouver les mots justes

Que ça se passe en bas de chez nous, ou à l’autre bout de la planète, les enfants ont énormément de questions sur les sujets d’actualité, notamment en cas de catastrophes ou de drames. Pour les enfants résidant en Nouvelle-Calédonie, par exemple, impossible de leur cacher ce qu’il se passe.

Cinthia habite à Nouméa et elle est maman d’un enfant de six ans. "On ne voit rien et on entend tout", raconte-t-elle dans Bonjour ! La Matinale TF1. "Notre fils nous pose beaucoup de questions. Il veut savoir pourquoi on est enfermé, pourquoi on doit faire attention à ce qu’on mange, pourquoi toutes les entreprises sont brûlées. C’est vrai qu’en tant que parents, on essaie de trouver des mots justes pour l’accompagner, mais c’est compliqué"

Expliquer l’actualité et les drames aux enfants est aussi difficile quand ils se déroulent loin de chez eux. En effet, les tout-petits n’ont pas la distance quand ils regardent la télé. Aussi, s’ils aperçoivent des images d’attentats ou de catastrophes naturelles, comme des inondations, ils peuvent penser que cela se déroule en bas de chez eux. Fatalement, cela suscite d’une part des questions et fait naître beaucoup de peur et d’angoisse. 

Les bons gestes à mettre en place

Pour protéger au maximum les enfants des images violentes, il est primordial de ne pas les laisser seuls devant les chaînes d’informations en continu. De même, on évite de les laisser dans une pièce avec la radio allumée. Lorsque l’enfant a le son, mais pas l’image, il peut avoir tendance à s’imaginer des scénarios pires que la réalité… qui n’est déjà pas joyeuse.

Difficile de mettre les enfants sous cloche et de leur cacher la réalité. Ils peuvent toujours tomber sur une photo sur un téléphone. Il y a aussi les conversations avec les autres enfants à l’école et des discussions qui déforment l’actualité. Il est donc important de savoir comment aborder cette actualité. "Lorsqu’un enfant pose des questions, son objectif n’est pas de connaître la réalité de ce qui s’est passée, mais plutôt d’être rassuré par ses parents », explique Michael Guetta, pédopsychiatre. « Donc, ses parents doivent essayer de lui donner une réponse qui est plus émotionnelle que rationnelle et pour cela, il faut lui dire que même si les catastrophes font partie de la vie, ils sont aussi là pour le rassurer".  

Par ailleurs, il n’est pas nécessaire de répondre tout de suite à toutes les questions des enfants. Pour pouvoir rassurer les plus petits, il faut déjà pouvoir se rassurer soi-même et prendre du recul. Un parent troublé ou encore sous le choc aura tendance à répondre sous le coup de l’émotion. Enfin, dernier conseil pour rassurer un enfant : l’humour, dans la mesure du possible. Les enfants ont cette capacité à prendre de la hauteur beaucoup plus facilement que les enfants. À Nouméa, Coppélia a mis en place un petit stratagème avec sa fille de trois ans. "J’essaie de lui expliquer vaguement quand elle entend des détonations. Quand il y a des hélicoptères, j’essaie d’en faire un jeu pour qu’elle aille les regarder passer". 


Sabine BOUCHOUL | Chronique : Benjamin MULLER

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