Les jeunes Français qui profitent du programme Erasmus sont rarement déçus.
Parmi les destinations les plus prisées, l'Irlande arrive en haut du panier.
Depuis le Brexit, le nombre d'étudiants a même été multiplié par trois, ce qui n'est pas sans conséquence.

En plein cœur de Dublin (Irlande), Trinity College, la plus ancienne université d'Irlande, a de quoi faire rêver les étudiants du monde entier. Imaginez réviser des examens dans une bibliothèque du 18ᵉ siècle ou aller en cours dans des bâtiments autrefois fréquentés par Samuel Beckett ou Oscar Wilde. Ambre Poilly est originaire de Nantes. Depuis un an, qu'elle y étudie, elle ne cesse de s'émerveiller. "C'est ambiance Harry Potter, c'est grandiose", s'enflamme-t-elle.

L'Angleterre, je ne me suis pas forcément posée la question à cause du Brexit.
Camille, étudiante française à Dublin (Irlande)

Pourtant, c'est presque un hasard si elle s'est retrouvée là. À la fin de sa licence, sa priorité était juste de partir étudier dans un pays anglophone. "L'Angleterre, je ne me suis pas forcément posée la question à cause du Brexit, je me suis dit c'est trop tard. Il faudrait un visa", poursuit l'étudiante. Choisir l'Irlande, plutôt que l'Angleterre, car il n'y a pas besoin de visa, c'est l'histoire de centaines d'étudiants européens, dont beaucoup de Français. En 2017, il n'y avait que 761 étudiants français en Irlande. Ils sont plus de 1000, cinq ans plus tard.

Beaucoup partent grâce au programme Erasmus. Dans n'importe quel pays de l'Union européenne, il permet, pendant un an, de payer des frais de scolarité réduits et de recevoir en plus une bourse, de 200 à 800 euros par mois. Rien que dans cette université, depuis quatre ans, on compte plus 51 % d'étudiants européens. Laurent Muzellec, directeur de l'école de commerce Trinity College est Français d'origine et selon, lui, l'Irlande a tout à gagner à accueillir des étudiants européens. 

Dans le pays, l'équipe du 20H de TF1 repère des grues à chaque coin de rue. Le pays construit à tout-va, mais ça ne suffit pas réduire la crise du logement. Les étudiants français en sont les premières victimes. Camille loge dans une chambre de 18 m², un salon et une cuisine partagés avec sept autres personnes  pour la somme "de 1234 euros", précise l'étudiante dans la vidéo en tête de cet article. Le moins cher que Camille a trouvé dans le centre-ville de Dublin.

Alimentation, habillement, loisirs, d'après Eurostats, l'Irlande est le cinquième pays le plus cher de l'Union européenne, devant la Suède, la Finlande et la France. Ultime outrage pour les Irlandais, le prix de la pinte de Guiness a même augmenté de 12 centimes depuis l'année dernière. "Je ne m'attendais pas à ce que le budget pour vivre à Dublin soit comparable à celui d'un budget pour vivre à Paris ou Londres", pointe cette étudiante belge qui sert les bières dans un bistrot. Elle travaille aussi dans un magasin de décoration. "Les deux jobs combinés, je gagne environ 300 euros par semaine. Heureusement que je travaille sinon ce ne serait pas possible de vivre ici", indique-t-elle. Les bourses Erasmus ne permettent ps de couvrir les coûts de la vie. Pourtant, le succès du dispositif ne se dément pas. L'an dernier, il a permis à 140 étudiants français de découvrir un pays européen.


La rédaction de TF1 | Reportage Delphine Sitbon, Alix Ponsar

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