"Un choc" : conçue par PMA, elle raconte comment elle s'est découvert 16 demi-frères et sœurs

par M.G | Propos recueillis par Audrey Crespo-Mara
Publié le 12 mai 2024 à 22h17, mis à jour le 17 mai 2024 à 12h47
Astrid Mahon se confie à "Sept à Huit"
Astrid Mahon se confie à "Sept à Huit" - Source : TF1/"Sept à Huit"

Astrid Mahon a appris à 12 ans qu'elle avait été conçue grâce à un donneur anonyme de sperme.
Pourtant fille unique, elle a ensuite découvert qu'elle possédait pas moins de 16 demi-frères et sœurs.
Elle s'est livrée ce dimanche face à Audrey Crespo-Mara dans "Sept à Huit".

C'est une étonnante histoire, une de celles qu'ont connues des dizaines, voire des centaines d'anonymes. Astrid Mahon a découvert qu'elle a été conçue par procréation médicalement assistée (PMA). Elle qui a longtemps pensé être fille unique a même retrouvé 16 demi-frères et sœurs, issus du même donneur de sperme. Jusqu'à peu, ils ignoraient l'existence les uns des autres. L'intéressée s'est confiée face à Audrey Crespo-Mara dans le cadre du "Portrait de la semaine" diffusé ce dimanche dans "Sept à Huit".

Tout commence le jour où Astrid apprend que son père n'est pas son père biologique. "J'avais 12 ans et c'est ma mère qui, un soir, devant les informations, me l'apprend. En fait, il y avait un reportage sur Amandine, le premier bébé éprouvette. Elle me demande si je sais comment je suis née", raconte la jeune femme. "Sur le coup, je reste un petit peu dubitative. Elle m'explique que mon père, à la suite de la radiothérapie pour des tumeurs, est stérile et qu'ils ont dû avoir recours à un donneur de sperme pour réussir à m'avoir", ajoute-t-elle. Des révélations qui, dans un premier temps, sonnent l'intéressée. "Je ne comprenais pas vraiment ce qu'il se passait. J'étais un peu perdue. Il y avait mes deux parents et puis il y avait une troisième personne, à l'origine de ma naissance", reconnaît celle qui est désormais membre de l'association PMAnonyme.

Il y a cette sensation de ne plus être seule
Astrid Mahon

De fil en aiguille, la femme - en effectuant notamment un test ADN - a compris qu'elle était loin d'être la seule dans une telle situation, elle qui a vu le jour à une époque où la procréation médicalement assistée (PMA) était encore réservée aux couples hétérosexuels infertiles. Une époque surtout où cette méthode était confidentielle, taboue, mais bel et bien pratiquée et très peu encadrée. "Je n'avais pas forcément besoin de raconter mon histoire, on avait tous la même. Il y a cette sensation de ne plus être seule", relate-t-elle, après avoir découvert qu'elle possédait le même géniteur que seize autres personnes. "Tous les quatre mois, un nouveau demi-frère ou une nouvelle demi-sœur apparaissait. Très régulièrement, de nouveaux demis sont apparus. Actuellement, nous sommes 17", confirme-t-elle. 

Il y a quelque chose de très fort qui s'est noué directement
Astrid Mahon

"Même quand on est au courant, c'est un choc de trouver autant de demi-frère et sœurs d'un coup. Et si on n'est pas au courant, c'est un tsunami. L'apprendre à l'âge adulte, c'est très violent", affirme l'interrogée. Mais passé ces premières semaines difficiles, les différents membres de cette fratrie distendue ont rapidement noué une relation spéciale. "C'est ça qui est très rigolo et surprenant - on n'a pourtant pas été élevé ensemble, il n'y a pas d'histoire en commun - et pourtant il y a quelque chose de très fort qui s'est noué directement", lance Astrid Mahon. "Même si on n'a pas grandi ensemble, qu'on n'a pas les mêmes histoires, la relation est tellement naturelle et facile que l'on a cette sensation d'avoir quelque chose en commun", met-elle en avant, soulignant avoir eu "besoin de pouvoir s'identifier à quelqu'un" par rapport à "la couleur de ses yeux" ou encore son "groupe sanguin"

Désormais, et alors qu'elle s'attend à découvrir encore de nouveaux "demis", la femme s'est mis en quête de l'identité de son père biologique. "J'espère un jour trouver le donneur" mais "j'ai bien peur qu'il soit déjà décédé, il avait déjà entre 30 et 40 ans dans les années 70", indique-t-elle. "Cependant, j'espère qu'un jour, l'un de ses enfants ou de ses petits enfants fera un test ADN. J'aimerais bien obtenir des photos à différents âges, savoir ce qu'il a fait dans la vie", continue-t-elle. "S'il est encore en vie,  c'est sûr que le rencontrer serait un plus", conclut-elle. 


M.G | Propos recueillis par Audrey Crespo-Mara

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