VIDÉO - L'école rendue célèbre par "Être et avoir" est-elle menacée, 22 ans après le film ?

par La rédaction de TF1info | Reportage : Guillaume Frixon, Patrick Delannes
Publié le 11 février 2024 à 18h14

Source : JT 13h WE

Faute d'élèves, l'école située à Saint-Étienne-sur-Usson va peut-être perdre l'une de ses deux classes à la rentrée prochaine.
Les parents d'élèves, inquiets, ont décidé de se mobiliser.
Dans le Puy-de-Dôme, 16 ouvertures de classe sont prévues en septembre prochain, contre 37 fermetures.

C’est un documentaire, présenté en sélection officielle au Festival de Cannes en mai 2002, et qui avait été vue par plus de 2 millions de personnes en France à sa sortie en salles. Être et avoir suivait, pendant une année scolaire un instituteur et sa classe unique de 13 enfants âgés 4 à 11 ans dans l'école communale de Saint-Étienne-sur-Usson (Puy-de-Dôme). Plus de 20 ans plus tard, le succès du film qui avait mis ce village de 250 âmes sur la carte semble déjà loin. Ses habitants pourraient revenir à en septembre prochain cette situation de classe unique, qui ne fait rêver personne dans le village. "On va donner huit niveaux à une seule maîtresse… On marche sur la tête, cela n’a aucun sens", déplore une habitante. "Qu’est-ce qu’on veut ? La mort du village ? Alors qu’on le dise", grince un autre. 

Cette école située en zone rurale compte actuellement deux institutrices. L’une d’entre elle s’occupe d’une classe de onze élèves en maternelle et l’autre de huit élèves en école primaire. C’est insuffisant aux yeux de l’inspection académique. En effet, la nouvelle carte scolaire prévoit la fermeture de l’une des deux classes de l'école à la rentrée prochaine. "La comptabilité, c’est fait pour tenir des comptes, ce n’est pas fait pour s’occuper d’enfants", regrette Lionel Chanimbaud, le maire sans étiquette de Saint-Etienne-sur-Usson.

Un film des parents d'élèves pour se faire entendre

Deux institutrices pour moins de vingt élèves, est-ce cependant raisonnable ? "Je suis d’accord, ce n’est pas beaucoup, mais 18 élèves (NDLR : le nombre d’enfants prévus à la rentrée prochaine) pour une classe unique, c’est trop", estime le maire de la commune.

Ces derniers jours, l’association des parents d’élèves a réalisé son propre film pour se faire entendre. Le retour d’une classe avec notamment plusieurs enfants en situation de handicap aurait pour conséquence le départ de l’enseignante "présente depuis plus longtemps",  indique un parent d’élève. "Elle a déjà vécu cette situation par le passé et elle ne veut pas recommencer avec autant d’élèves en une seule classe. Elle a donc dit qu’elle partirait", explique-t-il.

Selon les parents, le nombre insuffisant d’élèves dans cette commune n’est que provisoire. "Dans deux ans on aura 22 enfants, dans trois ans on aura 23 enfants, donc il ne faut absolument pas enlever cette classe, surtout que l’on sait très bien que quand on perd une classe, on ne la retrouve jamais", souligne un parent d’élève. Dans le département du Puy-de-Dôme, il y aurait pour l’instant 16 ouvertures de classe pour 37 fermetures à la rentrée prochaine.


La rédaction de TF1info | Reportage : Guillaume Frixon, Patrick Delannes

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