VIDÉO - "Ma fille avait très faim en sortant" : les témoignages accablant les crèches privées se multiplient

par La rédaction de TF1info TF1 | Reportage Olga Lévesque, Pauline Lefrançois
Publié le 8 septembre 2023 à 16h07

Source : JT 20h Semaine

Deux livres-enquêtes épinglent les pratiques de certaines crèches privées.
Un rapport de l'inspection des affaires sociales avait déjà pointé en avril dernier de nombreux dysfonctionnements dans ces établissements.
Qu'est-il dénoncé précisément et les structures publiques sont-elles aussi concernées ?

À l'heure où les pratiques de certains établissements privés sont épinglées dans deux livres-enquêtes, les témoignages accablant les crèches privées se multiplient. Dans la vidéo du 20H ci-dessus, une équipe de TF1 recueille celui de la maman d'Eline, qui a fréquenté une structure privée pendant un an et demi. 

"Ça faisait plusieurs fois que je voyais que ma fille avait très faim en sortant de la crèche", confie Doris Vallejo. En menant l'enquête avec d'autres parents, elle a découvert que la structure limitait les portions : "La barquette, c'était pour cinq parts, ils la divisaient en huit." Huit familles ont porté plainte contre la crèche. Contacté, le groupe reconnaît un manquement. La directrice en poste à l'époque a été licenciée.

"On fait du profit, pas de l'humain"

Auxiliaire pendant sept ans dans d'autres structures privées, Barbara, qui témoigne elle aussi face à notre caméra, a constaté de près les mêmes dysfonctionnements : couches rationnées, manque de personnels. Dans certaines crèches privées, elle n'avait que cinq minutes pour nourrir les bébés. "Un biberon bien donné normalement, c'est quinze-vingt minutes, sinon c'est du gavage", dénonce-t-elle sous couvert d'anonymat, évoquant une pratique dictée par une logique économique. 

"Je dirais même que c'est au-delà du manque de moyens, le manque d'humanité il est là au fond, on fait du profit, on ne fait pas de l'humain", regrette-t-elle.

Elsa Hervy, représentante des professionnelles du secteur, admet des dysfonctionnements auprès de TF1. "Les contraintes économiques existent, avec des subventions publiques qui évoluent deux fois moins vite que l'inflation, les contraintes économiques, elles existent chez tous les acteurs", explique-t-elle.

Le gouvernement a annoncé jeudi vouloir renforcer ces contrôles. Pour l'heure, si des inspections des services de l'État ont lieu une fois par an dans les crèches privées et à fréquence variable dans les structures publiques, dans la majorité des cas les crèches sont informées de ces visites.


La rédaction de TF1info TF1 | Reportage Olga Lévesque, Pauline Lefrançois

Tout
TF1 Info