VIDÉO - Violences urbaines : pas de rentrée pour une école incendiée à Strasbourg

par Virginie FAUROUX Reportage TF1 : Gwenaëlle Bellec et Loïc Gorgibus
Publié le 23 août 2023 à 0h02

Source : JT 20h Semaine

Lors des violences urbaines qui ont secoué la France fin juin, 250 écoles ont été dégradées.
Alors que la rentrée des classes approche, cinq établissements ne pourront pas rouvrir, a indiqué ce mardi le ministre de l'Éducation, Gabriel Attal.
Le JT de TF1 s'est rendu dans l'une d'entre elles à Strasbourg.

Comment faire pour accueillir malgré tout les élèves dans les écoles qui ne pourront pas rouvrir à la rentrée, trop dégradées après les violences urbaines fin juin ? Cinq établissements sont concernés, a indiqué mardi 22 août le ministre de l'Éducation, Gabriel Attal. Parmi eux, l'école élémentaire Marguerite à Strasbourg. Pour la première fois depuis seize ans, sa directrice Nathalie Amann devra laisser porte close le 4 septembre. Trois départs de feu y ont été provoqués, mais le plus choquant pour les enseignants, c'est la bibliothèque, prise pour cible la nuit du 29 juin. 

Tout est à refaire, sachant que ce sont des locaux qui avaient été rénovés il y a deux ans. Tout avait été repeint.
Nathalie Amann, directrice de l'école élémentaire Marguerite à Strasbourg

"Les livres avaient été jetés au sol et un cocktail Molotov avait été lancé, donc tout a flambé et l'ensemble des livres ont été dégradés", témoigne Nathalie Amann dans la vidéo du JT de TF1 en tête de cet article. En tout, des milliers de livres ont été perdus pour l'établissement. "C'était vraiment douloureux pour l'équipe de voir que cette partie-là avait été particulièrement visée", poursuit la directrice. Deux mois après, les murs restent désespérément noirs tandis qu'une odeur âcre, mélange de fumée et de produit décontaminant, persiste toujours. "Tout est à refaire, sachant que ce sont des locaux qui avaient été rénovés il y a deux ans. Tout avait été repeint", précise-t-elle encore. 

Pendant quelques mois, les 250 élèves de cette école élémentaire devront être scolarisés dans deux écoles voisines. "Il y a des locaux qui sont soit non utilisés, soit disponibles. Soit des salles de classe qui ont pu être aménagées différemment pour pouvoir garantir l'accueil des classes, donc des enfants de CM1, CM2 notamment", explique Hülliya Turan, adjointe à la maire de Strasbourg. 

Mais dans ce quartier Cronenbourg, classé en zone prioritaire, les parents ont espéré jusqu'au dernier moment la réouverture de l'établissement. "J'espère qu'ils vont retrouver leurs repères, vu que ce n'est pas le même environnement. C'est pas la même classe, ce n'est pas la même école", s'inquiète ainsi Bechera Azizi, déléguée des parents d'élèves. Cette mère de famille se dit déçue et en colère. "Les irresponsables qui ont fait ça ont amené à mettre des enfants dans une situation assez complexe qui se retrouvent du jour au lendemain avec une école dévastée", déplore-t-elle. Les dégâts dans les écoles sont évalués à plusieurs dizaines de millions d'euros. 


Virginie FAUROUX Reportage TF1 : Gwenaëlle Bellec et Loïc Gorgibus

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