Emmanuel Macron dans la course à l'Elysée

Après Macron, Le Pen est au Liban : mais pourquoi le pays attire autant les candidats à la présidentielle ?

Justine Faure
Publié le 20 février 2017 à 18h32
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Source : Sujet JT LCI

ÉTAPE INCONTOURNABLE - A Beyrouth depuis dimanche, la dirigeante du FN marche dans les pas d'Emmanuel Macron, lui aussi reçu par le président Michel Aoun fin janvier. Et sans "l'affaire Penelope", François Fillon avait lui aussi prévu de faire ce déplacement. Mais alors, qu’est-ce qui pousse les candidats à l'élection présidentielle à se rendre au pays du Cèdre ?

Emmanuel Macron a été le premier candidat à la prochaine élection présidentielle à se rendre au Liban, les 23, 24 et 25 janvier derniers. Marine Le Pen est, elle, arrivée à Beyrouth ce dimanche, pour une visite de deux jours. Même François Fillon aurait dû se rendre au pays du Cèdre si les révélations du Canard Enchaîné ne l’avaient pas poussé à y renoncer. Plusieurs raisons expliquent l'engouement des politiques français : 

Soigner sa crédibilité internationale

Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont les mêmes lacunes, et donc le même objectif : se sculpter une stature internationale. C'est ce qu'ils ont cherché à faire en se rendant au Liban, où ils ont tous les deux pu rencontrer le président Michel Aoun et le Premier ministre Saad Hariri. Pour encore plus muscler son profil international, Marine Le Pen rencontrera mardi le moufti de Beyrouth, le patriarche maronite et Samir Geagea, chef chrétien maronite des forces libanaises (droite chrétienne). Avant cette visite au Liban, la présidente du FN n'avait jamais rencontré un chef de l'Etat en exercice. 

Emmanuel Macron et Michel Aoun - SIPA
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Parler réfugiés, terrorisme et soigner l'électorat chrétien

Le Liban est le pays du Proche-Orient le plus sûr pour aborder la question syrienne et la problématique des réfugiés, thèmes dont se sont emparés les candidats au cours de cette campagne. Ainsi, lors de sa visite, Marine Le Pen compte évoquer la francophonie mais surtout la question des réfugiés syriens. Le Liban, qui compte quatre millions d'habitants, accueille environ un million de réfugiés syriens et doit faire face aux conséquences de la guerre qui ravage ce pays voisin depuis le soulèvement de mars 2011 contre Bachar al-Assad. Lors de sa visite, Emmanuel Macron avait lui aussi abordé les grands enjeux du Moyen-Orient.

Selon certaines sources frontistes, avec cette visite, la présidente du FN entend également faire un geste vers les Chrétiens d'Orient. Le Liban est le seul pays du Moyen-Orient à être traditionnellement dirigé par un président chrétien. 

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Réseauter

C'est un aspect non négligeable pour les candidats qui se rendent au Liban : l'occasion de renforcer son réseau. Comme l'indique un article du Monde, le pays compte de nombreux hommes d'affaires prêts à se rapproche d'hommes politiques français. A son retour du Liban, le camp Macron s'est défendu d'y être allé pour récolter des fonds. Marine Le Pen se laissera-t-elle tenter, alors qu'elle peine à trouver de l'argent pour financer sa campagne ? Même s'il ne s'est pas rendu au Liban, François Fillon est un proche de Fouad Makhzoumi, un industriel qui a fait fortune dans le pétrole. Les deux hommes se sont rencontrés en décembre 2016 à Paris. 

Au tour de Mélenchon et Hamon ?

Si aucune visite officielle de Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon n'est encore prévue, tous deux semblent s'intéresser au pays et pourraient y faire eux aussi un saut d'ici le premier tour de l'élection présidentielle, le 23 avril prochain.

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Justine Faure

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