Le second tour de l'élection présidentielle 2017

Emmanuel Macron, Marine Le Pen : qui sont leurs soutiens (et leurs ennemis) à l'étranger ?

Antoine Llorca
Publié le 3 mai 2017 à 17h00, mis à jour le 3 mai 2017 à 17h26
Emmanuel Macron, Marine Le Pen : qui sont leurs soutiens (et leurs ennemis) à l'étranger ?

2017 LE DEBAT - La candidate du Front national comme le leader d'En Marche! ont soigné leur stature de chef d'Etat au cours de la campagne en rencontrant des dirigeants étrangers. Si les soutiens francs en faveur de l'un ou de l'autre sont rares, des tendances claires se dessinent néammoins.

Au cours de leur débat, mercredi 3 mai sur TF1 et France 2, nul doute qu'il prendront soin de soigner leur envergure internationale. Depuis le début de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont fait plusieurs voyages à l’étranger pour renforcer leur stature de chef d'Etat. Comme lors de l’élection présidentielle en 2012, plusieurs dirigeants  étrangers ont pris position pour les deux candidats présents au second tour de la présidentielle. Tour d’horizon de leurs soutiens respectifs.

La Russie, soutien n°1 de Marine Le Pen

Pendant sa campagne, Marine Le Pen a voulu multiplier les voyages à l’étranger pour montrer à ses électeurs qu’elle n’était pas isolée sur la scène internationale. Après des déplacements plus ou moins bien réussis aux Etats-Unis, au Canada, au Liban et au Mali, la présidente du Front national a voulu s’assurer une opération diplomatique d’envergure. Vendredi 24 mars, elle a été reçue en grande pompe au Kremlin par le président russe Vladimir Poutine. Un honneur que la candidate FN est la seule à avoir reçu.

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Lors de cette rencontre, le président russe a très clairement adoubé Marine Le Pen devant les caméras et les micros de la presse russe, aucun média étranger n’ayant été convié. "Très heureux de voir" Marine Le Pen, Vladimir Poutine a justifié son choix de la rencontrer. "Nous ne voulons en aucune façon influencer les événements en cours [les élections], mais nous nous réservons le droit de communiquer avec les représentants de toutes les forces politiques du pays, ainsi que le font nos partenaires en Europe et aux Etats-Unis", a-t-il déclaré. Il est allé plus loin en faisant de Marine Le Pen une partenaire à part entière. "Bien sûr, il sera intéressant d’échanger nos points de vue sur le développement de nos relations bilatérales et sur la situation qui se crée en Europe", a déclaré M. Poutine, ajoutant : "Je sais que vous représentez un spectre politique en Europe qui croît rapidement." Des déclarations qui ont servi de marche-pied à la candidate FN sur la scène internationale.

Les médias pro-russes à la rescousse de Marine Le Pen ?

Comme les États-Unis pendant la campagne présidentielle de 2016, la France semble fortement intéresser Vladimir Poutine et la Russie. Depuis plusieurs semaines, les médias financés par le Kremlin comme RT ou Sputnik semblent être utilisés pour dénigrer l’adversaire principal de Marine Le Pen, l’ancien ministre de l’Économie Emmanuel Macron. 

"Le Kremlin a choisi ses candidats, François Fillon et Marine Le Pen, pour une raison très simple : ils ne souhaitent pas une Europe puissante, ils veulent une Europe faible et donc (...) ils font la promotion de ces deux candidatures sur des médias d'Etat. Deux sites financés à 100 % par le Kremlin et qui, objectivement, font une campagne de dénigrement de la candidature d'Emmanuel Macron", affirmait sur LCI Benjamin Griveaux, le porte-parole d’En Marche !, en février dernier. "Un jour, il est financé par "le riche lobby gay", un autre, il est un "agent américain au service du lobby bancaire", confiait le secrétaire général d'En Marche !, le député Richard Ferrand.

Donald Trump, un proche de Marine Le Pen ?

Même s’il existe de nombreux points de convergence entre les idées de Marine Le Pen et de Donald Trump, leur relation n’est pour autant pas très claire. En janvier dernier, la présidente du FN s’était rendue lors d’un voyage privé à la Trump Tower. Une photo de la présidente du FN aux côtés de Guido Lombardi, ami de longue date du président américain et proche des milieux populistes européennes, dans la cafétéria de la Trump Tower, avait enflammé les réseaux sociaux. Plusieurs médias avaient affirmé à l’époque que Marine Le Pen avait tenté de rencontrer Donald Trump, mais celui-ci aurait refusé. De son côté, Guido Lombardi affirme qu’elle était à New York pour rencontrer des donateurs étrangers. Une situation qui a probablement déçu la candidate, elle qui a énormément militée en France pour Donald Trump.

Les images de Marine Le Pen a la Trump TowerSource : Sujet JT LCI
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Même si elle affirme connaître le président américain et qu’il a même son numéro de téléphone, le principal intéressé ne semble pas s’en souvenir. Le 3 avril dernier, Donald Trump confiait, lors d’une interview au Financial Times, qu’il ne la connaissait pas. Pour autant, cela ne signifie pas qu’il ne s’intéresse pas à la candidate du FN. Le lendemain de l’attaque terroriste sur les Champs-Élysées, Donald Trump tweetait : "Une autre attaque terroriste à Paris. Les citoyens français ne supporteront plus cela pendant longtemps. Ça aura un important effet sur l’élection présidentielle !"

Des propos qui peuvent laisser penser que Donald Trump espérait que les Français allaient se reporter sur Marine Le Pen, elle qui propose un programme très axé sur la sécurité.

Angela Merkel et l’Allemagne, des soutiens d’Emmanuel Macron ?

À l'inverse d'une Marine Le Pen très isolée sur la scène internationale, Emmanuel Macron a multiplié les contacts et les rencontres avec les chefs d’États étrangers pendant sa campagne. À la mi-janvier, il s’est notamment rendu une première fois en Allemagne. Encore considéré par une large partie de la classe politique comme une "bulle", Emmanuel Macron n’a rencontré aucun dirigeant en poste. En revanche, lors de sa seconde visite, le candidat En Marche ! s’est vu dérouler le tapis rouge. Le 16 mars, il est reçu par la chancelière Angela Merkel pendant plus d’une heure trente. Il a aussi rencontré le nouveau président allemand, Peter Walter Steinmeier. Mais ce n’est pas tout. Le candidat En Marche ! avait même reçu le soutien du conservateur Wolfang Schäuble, pourtant un soutien traditionnel de la droite française.

Contrairement à 2012, où elle avait soutenu Nicolas Sarkozy, Angela Merkel a refusé de prendre parti pour un candidat en particulier. Mais après le premier tour de la présidentielle, la chancelière est quelque peu revenue sur son engagement. Le 28 avril, la chancelière allemande Angela Merkel a exprimé son soutien à Emmanuel Macron, estimant que le candidat du mouvement En marche! serait un président "fort" pour la France. "Je n'ai pas le moindre doute que Macron, s'il devait être élu, ce que je souhaite, serait un président fort", déclare la cheffe du gouvernement allemand dans un entretien accordé au groupe de médias RedaktionsNetzwerk Deutschland (RND). Une prise de position claire de la chancelière en faveur d’Emmanuel Macron.

Les institutions de l’Union Européenne aux côtés d’Emmanuel Macron

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Le soir du 1er tour de la présidentielle, de nombreux dirigeants des institutions européennes à Bruxelles ont apporté leur soutien et leurs félicitations à Emmanuel Macron.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a ainsi félicité Emmanuel Macron, a rapporté son porte-parole, Margaritis Schinas. Il lui a souhaité le meilleur pour le second tour, le 7 mai.

La Haute représentante de l’UE pour la politique étrangère, Federica Mogherini, a elle aussi apporté son soutien au candidat En Marche ! "Voir les drapeaux de la France et de l’UE saluant le résultat d’Emmanuel Macron montre l’espoir et l’avenir de notre génération", a déclaré la diplomate italienne. 

Le porte-parole d‘Angela Merkel, Steffen Seibert, a souhaité sur son compte Twitter "bonne chance" au centriste, saluant "sa position pour une UE forte".

Le Premier ministre danois, Lars Lokke Rasmussen, a lui aussi félicité Emmanuel Macron tout en restant prudent.

"Félicitations, Emmanuel Macron. Il faut encore attendre le scrutin final, mais l’Europe a besoin d’une France ouverte d’esprit et allant vers la réforme. Bonne chance !", a-t-il tweeté.

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