Emmanuel Macron a annoncé dimanche soir la dissolution de l'Assemblée nationale, une première depuis 1997.
Les 30 juin et 7 juillet, des élections législatives vont donc se tenir pour élire les députés.
Voici tout ce qu'il faut savoir sur ce mode de scrutin.

Le siège des députés remis en jeu. Dimanche 9 juin, une heure après le résultat des élections européennes, le président de la République a annoncé la dissolution de l'Assemblée nationale en réponse aux résultats du scrutin européen. Tous les députés élus lors des législatives de juin 2022 voient donc leur mandat prendre fin. Les 30 juin et 7 juillet prochains, les 49,5 millions de Français inscrits sur les listes électorales décideront de la composition de la nouvelle Assemblée nationale.

Des scrutins à l'échelle locale

Pour ce scrutin, et contrairement aux élections européennes, il n'est pas question de listes, et encore moins de vote à l'échelle nationale. L'ensemble de la France est divisé en 577 circonscriptions représentant environ 125.000 habitants. Dans chacune d'entre elles, plusieurs candidats se présentent sur la ligne de départ, associés à un suppléant. Ce qui donne, in fine, 577 élus à l'Assemblée nationale, un par circonscription.

Comment se déroule le premier tour ?

Un député est élu au scrutin universel direct uninominal majoritaire à deux tours. En clair, lors du premier tour fixé le dimanche 30 juin, un candidat doit obtenir plus de 50% des suffrages pour gagner sa place au palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale. À une exception près : il doit aussi recueillir les voix de plus de 25% des inscrits, un critère difficile à remplir lorsque l'abstention est élevée. À titre de comparaison, si la liste de Jordan Bardella a largement dominé les élections européennes (31,37%), elle compte 15,7% des votes des inscrits en raison de l'abstention.

Si aucun candidat ne dépasse la barre des 50% au premier tour avec 25% des inscrits - le scénario le plus fréquent -, un second tour est organisé, le dimanche 7 juillet. Dans chaque circonscription, il oppose tous les candidats ayant recueilli les voix d'au moins 12,5% des inscrits au premier tour. S'il n'y en a pas, ou un seul, les deux candidats ayant obtenu le plus de suffrages se qualifient pour le second tour, à l'instar de l'élection présidentielle.

Comment se déroule le second tour ?

Lors du second tour, les calculs sont plus simples : le candidat ayant obtenu le plus de voix l'emporte dans chaque circonscription. Dimanche 7 juillet au soir, la France connaîtra ainsi le nom et le parti politique de ses 577 nouveaux députés, élus pour les cinq prochaines années. Traditionnellement, Emmanuel Macron devra alors nommer un Premier ministre issu du mouvement majoritaire.

Reste que ce scrutin a souvent été décrié pour son manque de représentativité. Depuis 2002, les élections législatives ont toujours suivi de quelques semaines l'élection présidentielle. En 2002, comme en 2007, 2012 et 2017, les Français ont ainsi accordé la majorité absolue des sièges au camp du président de la République. Seule exception ? En 2022, où Emmanuel Macron n'a obtenu qu'une majorité relative.

Une situation qui n'empêche pas les critiques, puisque les résultats du premier tour ne correspondent pas au visage de l'Assemblée nationale. Il y a deux ans, le parti présidentiel avait obtenu 25,75% des suffrages au premier tour, selon les résultats du ministère de l'Intérieur. Au final, il composait 43,3% de l'Assemblée désormais dissoute.

Si les partis de la Nupes avaient recueilli 25,66% des voix au premier tour, pour 25,8% des sièges au palais Bourbon, le Rassemblement national était moins représenté dans l'hémicycle (15,25%) que dans les urnes lors du premier tour (18,68%). D'où la volonté de plusieurs partis d'instaurer la proportionnelle pour ce scrutin.


Idèr NABILI

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