Emmanuel Macron dans la course à l'Elysée

Droits de l'homme : les engagements (et les silences) de Macron et Le Pen à Amnesty

Thomas Guien
Publié le 3 mai 2017 à 18h35, mis à jour le 3 mai 2017 à 18h43
Droits de l'homme : les engagements (et les silences) de Macron et Le Pen à Amnesty
L'essentiel

PRÉSIDENTIELLE – L'ONG a adressé il y a quelques semaines une missive aux candidats à l'élection présidentielle. Si l'objectif était clair - qu'ils s’engagent en faveur d'une dizaine de droits -, le verdict, lui, est plus contrasté...

Mettre le respect des droits humains au cœur des politiques de la France. Tel est l'objectif que s'était fixé Amnesty International, il y a quelques semaines, en adressant un courrier aux prétendants à l'Elysée. Ou plus exactement un questionnaire, abordant 10 points que l'ONG juge fondamentaux. Un "petit jeu" auquel s'est prêté Emmanuel Macron… ce qui n'est pas le cas de sa rivale. Marine Le Pen a en effet opté pour la "page blanche". 

"Nous avons écrit à l'ensemble des candidats connus fin janvier. Nous avons relancé chacun d'entre eux, et Marine le Pen fait partie des rares à ne pas avoir répondu, ni même avoir accusé réception de cette demande", explique à LCI Nicolas Krameyer, responsable du programme Libertés individuelles et publique pour Amnesty. Avant d'ajouter : "Nous n'avons donc aucun engagement de sa part. Nous ne savons absolument pas pourquoi." Joint par LCI, le Front national n'a pour l'heure pas donné suite.

Programmes des candidats : à quoi pourrait ressembler la France en 2022 ?Source : Sujet JT LCI
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"Fermer les mosquées extrémistes, une expression floue"

A défaut d'une réponse concrète, Amnesty a néanmoins étudié les mots de la candidate dans son programme. Bilan ? Peu de réponses et beaucoup d'inquiétudes. Par exemple sur la question du droit d'asile, comme nous le détaille Nicolas Krameyer : "Elle souhaite que toute demande passe par des autorités diplomatiques françaises à l'étranger, ce qui empêche de facto tout demandeur de faire sa demande en France."

Même chose sur les libertés individuelles : "Si on prend par exemple l'expulsion systématique des fichés S, Marine Le Pen se méprend totalement sur ce dont il s'agit en réalité. Elle fait fi de tout ce qui va être élément sérieux et raisonnable. Tous les droits à un recours équitable sont systématiquement oubliés. De même quand elle veut fermer les mosquées extrémistes : on voit bien que cette expression est tellement floue ou vague qu'on ne sait pas de quoi Marine Le Pen parle. Alors même que le Droit français permet déjà de fermer ces lieux de cultes."

Les engagements de Macron

Emmanuel Macron, en revanche, a accepté de répondre à Amnesty. Mais aussi (et surtout) de s'engager, puisque le candidat d'En Marche! a donné son feu vert aux souhaits de l'ONG. Par exemple concernant le respect de la vie privée, l'accueil d'un plus grand nombre de réfugiés vulnérables, le contrôle du commerce des armes ou le fait de résorber les bidonvilles. Des engagements qui n'empêche pas l'ancien ministre d'être égratigné : "Il s'est engagé sur quasiment l'ensemble des points", reconnait Amnesty, avant de relever une faille : le fait de mettre fin à l'état d'urgence. "Sa réponse nous semble imprécise. Sur les autres points, il a pris un certain nombre d'engagement qui ne se traduisent pas dans son programme ou dans des mesures claires." 

Voir l'ensemble des points fondamentaux sélectionnés par Amnesty

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