La France insoumise a décidé de placer Rima Hassan, juriste de 31 ans pro-palestinienne en position éligible sur sa liste aux élections européennes.
Réfugiée naturalisée française, figure de la jeunesse palestinienne depuis le 7 octobre : voici 5 choses à savoir sur Rima Hassan.

Rarement des débuts en politique n’avaient été aussi rapidement commentés, lorsque début mars La France insoumise annonçait l'intégration sur sa liste aux élections européennes de la militante franco-palestinienne Rima Hassan. À la septième place sur la liste menée par l’eurodéputée sortante Manon Aubry, la juriste de 31 ans peut être élue en cas de score supérieur à 5% le 9 juin. Voici 5 choses à savoir sur celle qui a dit oui à LFI car elle estime qu’il "y a une urgence à agir politiquement maintenant" sur la situation à Gaza.

Elle est née dans un camp de réfugiés en Syrie

Fille d’une institutrice et d’un ex-mécanicien de l’armée de l’air syrienne, Rima Hassan est la dernière d’une famille de sept enfants. Elle naît en 1992 dans le camp de réfugiés palestiniens de Neirab, près d’Alep. Elle y passe les dix premières années de sa vie. À 9 ans, elle se rend à Niort, dans les Deux-Sèvres, où sa mère divorcée a trouvé un emploi de cuisinière. À 15 ans, son militantisme éclot lors d’une conférence dédiée à la Palestine et au droit international à Poitiers. Le Monde, qui dresse son portrait, parle d’une "adolescente élevée dans un HLM tapissé de posters à la gloire de l’Intifada". À 18 ans, elle est naturalisée et obtient la nationalité française.

Dominique FAGET / AFP

Elle a fondé sa propre ONG

"Il y a peu de voix palestiniennes en France. Dès qu’on émerge, on est très vite ciblé, soit pour glorifier notre identité, soit pour l’attaquer. Mais ma boussole, c’est le droit international : les droits de l’homme dans leur globalité", explique Rima Hassan à Mediapart. Juriste en droit international, elle a travaillé à la Cour nationale du droit d'asile pendant six ans avant de quitter son poste l’an dernier. Au printemps 2019, elle fonde l’Observatoire des camps de réfugiés, une ONG à but non lucratif qui veut "repenser les modes alternatifs à l’encampement des populations en situation d’exil". Après les attaques du 7 octobre, elle crée le collectif Action France Palestine qui appelle notamment à "un cessez-le-feu immédiat à Gaza et la libération des peuples".

Cette interview d’elle fait polémique

Régulièrement invitée des médias, avant l'attaque du Hamas du 7 octobre, pour évoquer la situation palestinienne, Rima Hassan a donné en novembre dernier un entretien controversé au média Le Crayon. Elle y cautionnait l'idée que le Hamas a mené une action légitime en menant cette attaque. Critiquée pour cette affirmation, elle a fait valoir qu'elle avait aussi déclaré que le mouvement islamiste palestinien "est un groupe terro". Sur X le 8 mars, elle dénonce la diffusion d’une interview tronquée dont elle demande "depuis plusieurs semaines" sa diffusion en intégralité "de façon à ce qu’elle puisse partager la réflexion qui était la sienne et démentir les attaques menées contre elle". 

Forbes l’a élue parmi les femmes de l’année 2023, mais…

Sélectionnée par l’édition française du magazine américain parmi "40 femmes remarquables qui ont marqué l’année", Rima Hassan n’a pu assister à la cérémonie de remise de prix qui devait se tenir au Ritz à Paris le 28 mars et a été annulée pour des raisons de "sécurité". À l'approche de l’évènement, plusieurs personnalités avaient épinglé le choix de la jeune femme. L'animateur Arthur l’avait notamment accusée de "faire l'apologie du terrorisme du Hamas et d’être une antisémite patentée". La juriste a dans la foulée fait part de son intention de déposer plainte pour diffamation.

Elle provoque la colère de la majorité

À peine annoncée, la candidature de Rima Hassan agace déjà la majorité. Sylvain Maillard, président du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, parle de "honte absolue qui montre l'ambiguïté dans laquelle est La France insoumise, vis-à-vis de sa position sur Israël, mais plus généralement sur l'antisémitisme". L’eurodéputée de la majorité Nathalie Loiseau a également dénoncé au même moment le "petit clientélisme sale" de LFI qui "joue avec ce qu'ils croient, avec beaucoup de mépris, être un électorat français musulman" présumé "favorable au Hamas". Rima Hassan défend par ailleurs la solution d'un "État binational" de "la rivière (Jourdain) à la mer (Méditerranée)". Une expression militante qui fait polémique, certains y voyant un appel à la destruction d'Israël.


La rédaction de TF1info avec AFP

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