Le scrutin pour les élections européennes en France se tiendra le 9 juin prochain.
Une fois élus, les eurodéputés des différents partis se répartiront parmi des groupes politiques transnationaux au Parlement européen.
Voici comment ils s'organisent.

Au Parlement européen, les affinités politiques passent avant la nationalité. Après les élections européennes dont le scrutin en France est prévu le 9 juin prochain, les eurodéputés élus se repartiront parmi les différents groupes politiques qui siègent au Parlement européen. Les partis nationaux seront alors intégrés à de plus grands groupes transnationaux, réunis autour de valeurs et de propositions politiques communes.

Pour qu'un groupe puisse exister, il doit regrouper 23 eurodéputés au minimum, issus d'au moins sept États membres. Par ailleurs, ces groupes ne sont pas fixes et les eurodéputés peuvent décider de former un nouveau groupe ou de changer à tout moment de la législature.

Aujourd'hui, il existe sept groupes, répartis de gauche à droite dans l'hémicycle, en plus desquels s'ajoutent 52 eurodéputés qui ont choisi de ne pas rejoindre de groupe et qui sont donc considérés comme "non-inscrits". Voici quels sont ces groupes, en fonction de leur position dans l'hémicycle.

Gauche radicale (Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique)

C'est dans ce groupe, abrégé par les acronymes GUE/NGL, que siègent notamment les eurodéputés français LFI. Créé en 1994, au début de la quatrième législature du Parlement européen, il est aujourd'hui dirigé par Manon Aubry, actuelle tête de liste des Insoumis pour les élections, et l'Allemand Martin Schirdewan. C'est actuellement le plus petit groupe du Parlement européen.

Sociaux-démocrates (S&D)

Le groupe de l'Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates est le deuxième plus gros groupe du Parlement européen à l'heure actuelle avec 141 élus. Se définissant comme étant positionné au "centre-gauche", le groupe est composé d'eurodéputés français de la liste Parti socialiste / Place publique.

Aujourd'hui, la tête de liste du Parti socialiste / Place publique, Raphaël Glucksmann, bénéficie d'une bonne dynamique et recueille 15% des intentions de vote, selon le sondage quotidien effectué par l'Ifop-Fiducial. Si cela se confirme le jour du scrutin, la délégation française parmi ce groupe sera plus importante que lors du dernier scrutin, en 2019. Actuellement, sept élus français font partie de ce groupe.

Écologistes et régionalistes

Dans le groupe des Verts / Alliance libre européenne, siègent les eurodéputés EELV, dont la campagne est actuellement menée par Marie Toussaint. Plutôt marqué à gauche de l'échiquier politique, le groupe revendique sa volonté de faire de l'Europe "le chef de file de l'environnement, de la paix et de la justice sociale, de la mondialisation équitable et de la défense des droits de l'homme". Avec des eurodéputés régionalistes, le groupe soutient par ailleurs les mouvements régionalistes et indépendantistes, à l'instar du mouvement en Catalogne.

Le groupe Renew Europe

Le groupe centriste et libéral, anciennement nommé l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, a été renommé Renew Europe en 2019 à la demande des élus français Renaissance, devenus majoritaires dans le groupe lors des dernières élections européennes. Depuis le 25 janvier dernier et l'entrée de Stéphane Séjourné au gouvernement, c'est Valérie Hayer, actuelle tête de liste macroniste pour les élections européennes en juin prochain, qui préside le groupe. 

Le Parti populaire européen

Le groupe du Parti populaire européen, ou PPE, est actuellement la première force au sein du Parlement européenne. Positionné à droite de l'échiquier politique, le groupe démocrate-chrétien totalise 177 députés, venant de tous les États membres de l'Union européenne. Côté français, ce sont les eurodéputés des Républicains, dont la liste est menée par François-Xavier Bellamy, qui siègent au sein de ce groupe. 

La délégation française est composée de 8 élus, loin des 30 eurodéputés envoyés par l'Allemagne, la délégation la plus importante au sein du PPE. C'est d'ailleurs un eurodéputé allemand, Manfred Weber, qui préside le groupe. Au début de la législature, les élus du PPE étaient encore plus nombreux. Mais le 3 mars 2021, les membres du Fidesz, le parti du Premier ministre hongrois Viktor Orban, quittent ce groupe, alors que son exclusion était réclamée par de nombreux membres, en réaction à ses virulentes prises de position contre Bruxelles. Ils sont alors 12 à devenir non-inscrits.

Le groupe des Conservateurs et Réformistes européens

Le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) défend, dans une large mesure, le libéralisme économique et le conservatisme sociétal. Il est par ailleurs opposé au fédéralisme européen. Il est situé à droite, voir à l'extrême droite de l'échiquier politique. Actuellement, il compte 68 eurodéputés, dont la majorité provient du parti ultraconservateur polonais Droit et justice (PiS). Sont également représentés en nombre les élus du parti d'extrême droite Frères d'Italie, dont est issue la Première ministre italienne Giorgia Meloni.

Depuis le 6 février dernier, l'eurodéputé français Nicolas Bay, membre du parti Reconquête, est le seul Français à siéger dans ce groupe. Mais il pourrait être rejoint par d'autres élus, alors que la liste pour les élections européennes menée par Marion Maréchal est créditée à 6% des intentions de vote par le sondage du 22 mai d'Ipsos-Fiducial. À l'issue des élections européennes, le groupe pourrait par ailleurs être renforcé par le ralliement des eurodéputés du Fidesz. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a effectivement fait savoir récemment que son parti serait "prêt à rejoindre les Conservateurs".

Le groupe "Identité et démocratie"

Le groupe d'extrême droite, anciennement nommé "Europe des nations et des libertés", change de nom en mai 2019 pour devenir "Identité et démocratie". C'est dans ce groupe que siègent les eurodéputés du Rassemblement national, tout comme les élus italiens de la Ligue, menée par Matteo Salvini. Le groupe compte 62 eurodéputés, mais son importance pourrait fortement progressée à l'issue des prochaines élections européennes.

Si les différents partis membres partagent un rejet de l'immigration ou encore un fort euroscepticisme, le groupe est également traversé par des divergences de fond. Cette opposition a été dernièrement mise en lumière, puisque le parti de Marine Le Pen a annoncé ne plus vouloir siéger aux côtés du parti allemand AfD (Alternative für Deutschland, ndlr), qui faisait jusque-là partie du groupe.

Les prochains résultats des élections européennes pourraient annoncer, à défaut de l'émergence de nouveaux groupes, de nouvelles répartitions. Alors que le scrutin approche, les deux figures de l'extrême droite, Marine Le Pen et Giorgia Meloni, laissent entrevoir un rapprochement possible entre les groupes ID et CRE. Dans le cas d'un regroupement, l'extrême droite serait alors assurée de devenir la seconde force politique au sein du Parlement européen.


Aurélie LOEK

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