Emmanuel Macron prononce ce jeudi à la Sorbonne un discours en faveur d'une "Europe puissance".
Avec cette allocution, le président de la République espère donner un coup d'accélérateur à la campagne de son camp pour les élections européennes.

Un seul discours pourra-t-il inverser la tendance ? Si Renaissance peine à décoller dans les sondages, le président de la République croit encore possible une victoire le 9 juin prochain aux élections européennes. Emmanuel Macron espère que le discours qu'il prononce ce jeudi à la Sorbonne sur l'Europe (à suivre en direct ici) aidera sa candidate Valérie Hayer – qui ne sera pas présente, session plénière du Parlement européen à Strasbourg oblige – à véritablement lancer sa campagne. Que devrait-il dire ?

En 2017, déjà à la Sorbonne, Emmanuel Macron avait prononcé un appel à "l'audace" pour bâtir une "souveraineté européenne". Lors d'un échange avec la presse, l'Élysée a dressé un bilan positif de ces sept années, à commencer par l'adoption du terme "souveraineté", parfois raillé à l'époque, avant d'infuser progressivement dans le vocabulaire de l'Union européenne. Un conseiller du chef de l'État a pris comme exemple l'emprunt européen commun, un tabou pour l'Allemagne brisé lors de la pandémie de Covid, même si la France peine à dupliquer ce qui reste à ce stade une exception, ou encore l'idée d'Europe de la Défense, qui a avancé pour faire face à l'invasion russe de l'Ukraine.

L'"Europe puissance"

Aussi, puisque "l'Europe accélère par temps de crises", "c'est le bon moment pour faire des propositions", veut croire l'Élysée. Le discours de jeudi vise à "peser" sur "l'agenda stratégique" de la prochaine Commission européenne qui sera formée après les élections continentales du 9 juin. La conjugaison des crises, avec aussi le défi climatique et "l'explosion de la rivalité sino-américaine", "appellent pour l'Union européenne une réponse nouvelle", a expliqué mardi la présidence aux journalistes. Et Emmanuel Macron veut donc "proposer de passer d'un agenda de souveraineté" à "un agenda d'Europe puissance".

Face à l'euroscepticisme d'un bon nombre de ses adversaires, il va aussi défendre une UE qui apporte des réponses, sur la guerre, les vaccins anti-Covid, les migrations ou encore le climat et le défi numérique. "Face aux crises, l'Union a répondu dans l'unité", martèle son entourage. "L'Europe a été là."

Sur le timing, l'Élysée s'est défendu de faire de ce discours un discours de campagne. "On est dans un moment institutionnel d'un chef d'État qui n’engage pas simplement la parole de sa sensibilité politique, mais la parole d'un pays", a-t-on indiqué. Mais plusieurs membres de l'opposition accusent clairement le président d'utiliser ses fonctions pour donner un coup de pouce à ses candidats.


J.F. avec AFP

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