Emmanuel Macron s'est affiché pour la première fois mercredi aux côtés de la candidate Renaissance aux européennes, Valérie Hayer.
Mais en postant la rencontre sur le réseau social de l'Élysée, le président de la République s'est attiré les foudres des Insoumis, qui l'accusent d'avoir enfreint les règles.
Ils ont saisi la commission des comptes de campagne.

"On s'organise, on a la bonne candidate (...) On a surtout les bonnes idées, celles qui se sont mises en place en Europe ces dernières années." Mercredi 17 avril à Bruxelles, le président de la République s'est affiché pour la première fois aux côtés de la candidate de son camp aux élections européennes, Valérie Hayer. Emmanuel Macron a assisté à la traditionnelle réunion du groupe centriste Renew, avant l'ouverture d'un sommet européen, et en a profité pour discuter devant les caméras avec la candidate méconnue du public et à la peine dans les sondages, largement distancée par le RN.

Mais la séquence, postée par l'Élysée sur X (et depuis retirée), a aussitôt suscité la colère des Insoumis qui ont annoncé la saisie de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. "L'utilisation des moyens de l'Élysée pour faire la campagne de la liste soutenue par le président de la République est contraire aux règles de financement électorales", a déclaré le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard sur X. "Je demande à la commission nationale des comptes de campagne de rappeler les règles", a-t-il ajouté ce jeudi matin sur TF1. "Les règles, c'est qu'on n'utilise pas les moyens institutionnels pour faire campagne pour une liste en particulier, même si c'est la liste soutenue par le président de la République."

Les attaques en règles de Macron contre l'extrême droite

Lors de cette rencontre, le chef de l'État s'est livré à une attaque en règle contre le Rassemblement national, favori des sondages. "Je pense qu’il y a beaucoup de peurs, d'inquiétudes dans le moment que nous vivons et que ces colères profitent toujours aux réponses les plus simplistes", a-t-il lancé.

Il a accusé l'extrême-droite de piétiner l'Europe pour mieux en engranger les "dividendes" et d'entretenir une certaine ambiguïté vis-à-vis de la Russie. "Ceux qui parfois, il y a cinq ans disaient 'la solution c’est sortir de l’euro', ceux qui ne votent même pas la politique agricole commune mais ensuite disent à la maison aux agriculteurs 'je vous défends', ceux qui systématiquement ont essayé d’affaiblir l'Europe en quelque sorte ont les dividendes silencieux de notre propre politique pro-européenne", a-t-il asséné depuis Bruxelles. S'ils étaient au pouvoir, "ils auraient soigné (le Covid) à l'hydroxychloroquine, pris le vaccin russe" et "l'Ukraine aurait déjà été abandonnée", a-t-il affirmé.

Selon son entourage, Emmanuel Macron doit prononcer un discours sur l'Europe la semaine prochaine, probablement à La Sorbonne comme en 2017 où il avait tracé une feuille de route ambitieuse pour l'Union. Il pourrait aussi s'impliquer sous d'autres formes, dans des réunions publiques, des interviews, des déplacements emblématiques, sur la réindustrialisation ou la défense européenne par exemple, même si rien ne semble arrêté à cette heure.


J.F. avec AFP

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