Emmanuel Macron dans la course à l'Elysée

Le FN a-t-il vraiment torpillé le meeting d'Emmanuel Macron à Toulon ?

Charlotte Anglade
Publié le 18 février 2017 à 21h08, mis à jour le 18 février 2017 à 21h34
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Source : JT 20h WE

L'essentiel

ZIZANIE - Après des débordements survenus juste avant son meeting à Toulon, Emmanuel Macron a ce samedi discouru devant une salle à moitié vide. Le candidat et son équipe de campagne ont accusé le Front national d'être à l'origine de cet incident. Le parti, lui, dément et livre une attaque en règle à l'ancien ministre de l'Économie.

Entre Emmanuel Macron et le FN, le tonnerre gronde. Quand l’un accuse l’autre d’être responsable du flop de son meeting, il est lui-même pointé du doigt pour n’être qu’un candidat "bidon". Ce samedi, les déconvenues se sont enchaînées pour l’ancien ministre de l’Économie, qui organisait un rassemblement à Toulon. Manifestations, salle vide et accusations… Retour sur un samedi mouvementé sur les terres de la droite.

La version du camp d'Emmanuel Macron

Selon le porte-parole d’En Marche!, Benjamin Griveaux, les militants étaient deux cent cinquante. Deux cent cinquante à semer le trouble à l’entrée du meeting d’Emmanuel Macron au Zénith de Toulon. Ils auraient chargé les forces de l’ordre pour forcer l'entrée de la salle et empêcher la tenue du meeting. Selon le mouvement d’Emmanuel Macron, un policier aurait été blessé. Information finalement infirmée par les forces de l’ordre.

Du fait de ces débordements, seules 1.500 personnes sur 3.900 inscrits ont pu pénétrer dans la salle. Certains auraient été menacés par les militants du Front national. Lors de son meeting, Emmanuel Macron n’a pas manqué, contrarié, de revenir sur ces incidents : "Vous êtes des courageux parce que vous êtes venus jusqu'ici. Alors qu'à l'entrée de cette salle, il y en avait qui ne voulaient pas vous laisser entrer".

La version du Front National

Contacté par LCI, Florian Philippot, lui, dément toute implication de son parti dans les débordements ayant eu lieu à Toulon : "À l’évidence, Emmanuel Macron est en train de faire un bide total puisque la salle est à moitié vide, et il essaye de se trouver des excuses". Le vice-président du Front national a également critiqué ses propos "ridicules, honteux et stupides" sur la colonisation. "Il a insulté la France, il a insulté des millions de Français et il se le prend en boomerang", résume-t-il.

Florian Philippot nie toute responsabilité du FN dans les débordements du meeting d'Emmanuel MacronSource : Sujet JT LCI
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Un ciel orageux pour le candidat d'En Marche!

Au-delà de la présence des militants FN, qui est pour le moment difficile à confirmer, une centaine de pieds-noirs et de harkis attendaient de pied ferme le candidat à l’entrée du Zénith pour manifester leur colère. En début de semaine, dans une interview à la chaîne privée algérienne Echourouk News, Emmanuel Macron avait qualifié la colonisation de "crime contre l'humanité" et de "vraie barbarie". Depuis, les pieds-noirs et les harkis se disent scandalisés par ces propos, considérés comme une insulte à la mémoire de leurs ancêtres.

Durant son discours ce samedi, le candidat d’En Marche! a tenté d’éteindre l’incendie. Après quelques mots d’excuses – "Pardon de vous avoir fait mal, parce que ça n'est pas ce que je voulais" - il les a enjoints à "ne jamais céder à la haine", faisant ainsi allusion aux débordements en marge de son meeting. Il a pour finir délivré un message de paix : "Je vous ai compris et je vous aime". "Je vous ai compris", les mêmes mots que ceux prononcés par le général de Gaulle il y a près de 60 ans devant les Français d'Algérie. Une référence à l'homme de la réconciliation qu'affectionne particulièrement le candidat à la présidence de la République.

VIDEO. Colonisation et classe politique française : le poids des motsSource : Sujet JT LCI
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