La reconnaissance d'un État palestinien enflamme les débats en France à quelques jours des élections européennes.
Qu'en pensent les 8 principales têtes de liste du scrutin, qui étaient toutes invitées de "Vous avez 15 minutes" sur LCI ce mardi 28 mai ?

Comme sur de nombreux sujets, la gauche est pour et la droite et l'extrême droite sont contre. Au milieu, la majorité présidentielle n'y est pas opposée, mais estime que le moment n'est pas venu. À quelques jours des élections européennes, que pensent les 8 principales têtes de liste de la reconnaissance d'un État palestinien ? Quelle est leur position au moment où l'Espagne, l'Irlande et la Norvège ont reconnu l'Etat de Palestine ? Sont-ils d'accord avec le président de la République, qui s'est dit ce mardi "totalement prêt à reconnaître un Etat palestinien mais (...) considère que cette reconnaissance doit arriver à un moment utile", pas sous le coup de l'"émotion" ?

Commençons par la gauche, dont les représentants sont tous favorables à la reconnaissance d'un État palestinien. "C'est quand le moment ? Ça fait tellement longtemps qu'on dit qu'on veut la solution à deux États et qu'on repousse aux calendes grecques l'État palestinien", a constaté le candidat PS-Place publique Raphaël Glucksmann. "Il y a un moment où il faut montrer clairement que les Palestiniens verront leur droit reconnu. Je suis pour que la France reconnaisse cet État, je suis déçu de la position qui a été prise", a-t-il argumenté ce mardi sur LCI. "Si l'on veut lutter contre le Hamas, il faut montrer que les droits des Palestiniens vont être reconnus" or Israël, depuis le 7 octobre, "a tout fait pour rendre impossible la création de l'État palestinien", notamment via l'extension des colonies, estime-t-il.

Combien de morts, combien d'exactions faudra-t-il pour reconnaître le droit aux Palestiniens de vivre dignement ?"
Manon Aubry

Manon Aubry plaide aussi pour la reconnaissance d'un État palestinien. "Combien de morts, combien d'exactions faudra-t-il pour reconnaître le droit aux Palestiniens de vivre dignement ?" "Ça fait 50 ans qu'on nous dit que ce n'est pas un tabou. Jacques Chirac l'a dit, François Hollande l'a dit, Emmanuel Macron le dit, mais aucun d'entre eux n'a reconnu l'État de Palestine, qui est, je le rappelle, reconnu par 150 États de par le monde", a déclaré la candidate Insoumise.

Marie Toussaint (Les Écologistes) a expliqué que selon elle, un État palestinien reconnu était l'une des conditions nécessaires à la paix dans la région, avec le cessez-le-feu permanent. Elle a appelé la France et l'Europe à prendre leurs responsabilités pour aller dans ce sens.

Quant au candidat communiste Léon Deffontaines, il a plaidé pour une reconnaissance de l'État de Palestine "sur les frontières de 67" et jugé qu'il fallait en parallèle "exiger la libération des prisonniers politiques" en Israël, citant le chef du Fatah Marwan Barghouti emprisonné depuis 2002, qu'il pense "capable de rassembler le peuple palestinien autour d'une ambition, la paix, une paix juste et durable avec un État israélien à côté". À ceux qui pensent que reconnaître l'État palestinien, c'est mettre le Hamas au pouvoir, il répond : "Aujourd'hui, on a une Autorité palestinienne, et le Hamas ne dirige pas l'Autorité palestinienne".

Reconnaître l'Etat palestinien c'est mettre le Hamas au pouvoir."
Marion Maréchal

"Aujourd'hui, reconnaître l'État palestinien c'est mettre le Hamas au pouvoir, le Hamas qui je le rappelle veut la destruction d'Israël", a de son côté avancé Marion Maréchal (Reconquête). Toutefois, "j'ai toujours considéré que la solution à deux États devait être une perspective, y compris pour la sécurité et l'intégrité du territoire d'Israël", a-t-elle déclaré. "Mais il y a des préalables à cela", dont l'éradication du Hamas fait partie, selon elle.

Toujours à l'extrême droite, Jordan Bardella (Rassemblement national) pense également que la reconnaissance d'un État palestinien légitimerait le Hamas et que cela est impossible en l'état actuel des choses. François-Xavier Bellamy (Les Républicains) les rejoignent : il est favorable à la solution à deux États, mais pas actuellement.

La majorité divisée

La position de la majorité est plus difficile à comprendre. Quand le numéro 2 de la liste macroniste aux élections européennes Bernard Guetta a plaidé lundi pour une reconnaissance par la France de "l'existence d'un État palestinien", Valérie Hayer estime que les conditions ne sont pas réunies, tout comme le président de la République. Que faut-il pour cela selon elle ? "Le cessez-le-feu immédiat, la libération des otages et des interlocuteurs crédibles pour représenter les Palestiniens et non pas le Hamas qui est une organisation terroriste."

Ce mardi, dans l'enceinte de l'Assemblée nationale, cette question a déchaîné les passions. Le député LFI Sébastien Delogu a été sanctionné et exclu 15 jours du palais Bourbon pour avoir brandi un drapeau palestinien dans l'hémicycle, alors que le ministre Franck Riester rappelait à LFI qu'elle ne "pouvait pas faire abstraction des attaques terroristes du 7 octobre dernier, des otages qui sont encore détenus par le Hamas et qui sont morts du fait de l'action du Hamas".


Justine FAURE

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