La présidence Macron

Il veut la fin du "vieux système politique" : à quoi va ressembler notre démocratie sous Macron ?

Vincent Michelon
Publié le 8 mai 2017 à 9h05
Il veut la fin du "vieux système politique" : à quoi va ressembler notre démocratie sous Macron ?

RÉSULTATS - Emmanuel Macron a fondé sa campagne sur le renouvellement des pratiques et des personnels politiques. S’il honore ses engagements, voici à quoi pourrait ressembler notre démocratie sous son mandat.

Moralisation, renouvellement, participation citoyenne. Durant sa campagne, Emmanuel Macron avait fait de la fin du “vieux système politique” l’un des principaux axes de sa campagne. Lui-même issu de la sphère privée, jamais élu, assurant ne pas être “un professionnel de la politique” malgré les années passées au service de François Hollande et au ministère de l’Economie, il a inscrit dans ses propositions des mesures censées remettre du sang neuf dans notre démocratie. LCI décrypte les principaux points. 

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Un président “qui préside”, mais pas omniprésent

Un gouvernement resserré et paritaire

Emmanuel Macron s’est engagé à former un gouvernement resserré de 15 ministres (contre 18 ministres et 18 secrétaires d’Etat dans le gouvernement de Bernard Cazeneuve), paritaire (il l’est déjà quasiment aujourd’hui), composé de membres de la société civile, et notamment de spécialistes selon les besoins des ministères, et de sensibilités politiques diverses. Le Premier ministre pourrait être une femme. Les membres du gouvernement devront avoir un casier judiciaire vierge. 

Les ministres travailleront sous l’autorité du chef du gouvernement “avec une feuille de route claire” et “des objectifs fixés”, avait également détaillé le candidat fin mars. Une forme de partage des responsabilités, Emmanuel Macron voulant en finir avec l’idée d’un président “responsable de tout”. Les ministres devront rendre des comptes annuellement, condition de leur reconduction dans leurs fonctions, précisait-il début avril auprès du JDD

Un Parlement au régime sec

La loi “de moralisation de la vie publique” était l’une des conditions du ralliement de François Bayrou à Emmanuel Macron. Elle a été intégrée dans le projet du candidat. Au menu : la réduction du tiers du nombre de parlementaires, sénateurs et députés, aujourd’hui au nombre de 925, “pour plus d’efficacité et de transparence”, précisait-il en présentant le projet, en contrepartie de moyens supplémentaires pour les élus. Les partis politiques seront contraints d’instaurer la parité dans leur représentation, faute de quoi les financements publics seront réduits. En revanche, le projet ne mentionne pas le scrutin à la proportionnelle lors des élections législatives, même si Emmanuel Macron s’est dit favorable à l’introduction d’“une dose” de proportionnelle dans le scrutin majoritaire. S’agissant des investitures des candidats d’En Marche pour les élections de juin, le mouvement appliquera la parité entre les sexes et entre élus expérimentés et membres de la société civile. 

Dans le contexte des affaires qui ont émaillé la campagne de François Fillon, Emmanuel Macron s’est engagé à demander l’interdiction, pour les parlementaires, d’exercer des activités de conseil en parallèle de leur mandat afin de mettre fin aux conflits d’intérêts. Ils ne pourront plus non plus embauche un membre de leur famille. En outre, est prévue l’interdiction du cumul de plus de “trois mandats identiques successifs”. Comme les ministres, les parlementaires devront avoir un casier judiciaire vierge (niveau B2). Enfin, le régime spécial des retraites des parlementaires sera supprimé et ils seront rattachés au régime général.

L'accélération du processus législatif

Dans un souci affiché d'efficacité, le gouvernement fera de la “procédure d’urgence” la procédure "par défaut" dans l’adoption des lois. Cette disposition constitutionnelle permet de limiter les discussions parlementaires à un seul passage dans chaque chambre, au lieu de deux en temps normal. 

Dans l'esprit de cette réforme, le Parlement passera moins de temps à légiférer, pour se consacrer à "l’évaluation" et au "contrôle" de l’action gouvernementale. Outre la "procédure d'urgence", il fera passer dès le début du mandat, par ordonnance, les promesses relatives au "droit à l'erreur" dans les démarches administratives et à la réforme du Code du travail. 

Un pas timide vers la participation citoyenne

Dix ans après les propositions de Ségolène Royal sur la démocratie participative, les ambitions politiques dans ce domaine restent à confirmer. Le candidat Macron s’est simplement engagé à demander aux parlementaires de mettre en place “des dispositifs innovants” pour évaluer leur travail, sous forme de “jurys citoyens” ou encore de comptes rendus de mandats via les réseaux sociaux. 

Il veut aussi encourager les communes à mettre en place des budgets participatifs, comme cela existe déjà dans plusieurs municipalités, dont Paris. 

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Vincent Michelon

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