Que proposent les candidats aux élections européennes pour soutenir l'Ukraine dans sa guerre contre la Russie ?
TF1info s'est plongé dans les programmes des sept principales têtes de liste.

La guerre en Ukraine sera l'un des sujets de débat centraux entre les principales têtes de liste aux élections européennes. Ces dernières sont-elles favorables ou non à un soutien militaire au pays de Volodymyr Zelensky ? Souhaitent-elles que l'Ukraine intègre l'Union européenne ? TF1info dresse les positions des sept principaux candidats, ceux qui selon les sondages sont assurés d'envoyer des représentants au Parlement européen.

Dans son programme, le parti présidentiel, dont la liste est menée par Valérie Hayer, vante d'abord le bilan du chef de l'État pour soutenir Kiev. Il assure que "sous l'impulsion de la France", "le premier budget militaire" européen commun a été adopté pour apporter "un soutien sans faille à l’Ukraine". Dans la lignée de son discours à la Sorbonne pour une Europe souveraine, la présidente du groupe Renew au Parlement européen promet donc une UE "forte, sûre et indépendante" pour "poursuivre ses initiatives diplomatiques en faveur de la paix et de la liberté" ainsi que son "soutien militaire dans la durée à l’Ukraine". Valérie Hayer est pour la "perspective d'adhésion de l'Ukraine" à l'UE à terme, mais estime qu'aujourd'hui les conditions ne sont pas réunies pour cela.

Glucksmann veut financer la résistance ukrainienne avec les avoirs russes gelés

Raphaël Glucksmann (PS-Place publique) souhaite "défendre l’Europe contre l’impérialisme russe en augmentant massivement le soutien à l’Ukraine". Pour cela, il propose de saisir les 206 milliards d'euros d’avoirs publics russes gelés et de les affecter à l’aide à la résistance ukrainienne. "Nous ferons pression sur les États membres pour qu’ils fournissent les armes demandées par les Ukrainiens et renforcent les sanctions contre le régime russe", lit-on également dans son programme, qui prône aussi la création d'un fonds européen de défense de 100 milliards d'euros, financé par un emprunt commun, pour investir dans les industries de défense. Il est favorable à l'intégration de l'Ukraine dans l'Union européenne. 

La tête de liste insoumise Manon Aubry promet de "poursuivre le soutien à l’Ukraine et agir pour créer un cadre diplomatique permettant d’obtenir un cessez-le-feu, le retrait des troupes russes, et l’ouverture de négociations pour une paix durable". Pour aider à la reconstruction de l’Ukraine LFI prône "une annulation de la dette ukrainienne et des subventions directes plutôt que des prêts conditionnés à des réformes néolibérales". LFI est opposée à l'intégration de l'Ukraine dans l'Union européenne, Manon Aubry arguant qu'il n'est pas "réaliste" d'intégrer "un pays en guerre"

Les Écologistes favorables à l'adhésion de l'Ukraine à l'UE

Toujours à gauche, les Écologistes représentés par Marie Toussaint souhaitent "accroître le soutien européen à l'Ukraine tant dans sa défense que sa reconstruction". Pour cela, ils proposent tout d'abord de "taper la Russie au porte-monnaie" en cessant toute importation de produits russes comme le gaz et en rompant tout échange commercial alors que des enseignes françaises sont encore présentes sur place. Pour financer l'effort de guerre et la reconstruction du pays, Marie Toussaint plaide pour "saisir les 200 milliards d'avoirs gelés russes et/ou les 30 milliards des oligarques bloqués dans les banques européennes". L'eurodéputée sortante est favorable à l'adhésion de l'Ukraine à l'UE. 

À droite, Les Républicains sont d'accord pour apporter "un soutien massif à l’Ukraine pour repousser l’agression russe", et estiment que l'appui au pays est trop timide de la part de la France. En revanche, ils sont opposés à un nouvel élargissement de l’Union européenne et donc à une entrée de Kiev dans l'UE.

Le Rassemblement national, souvent pointé du doigt pour ses liens avec la Russie, ne mentionne qu'une fois le mot "Ukraine" dans son programme, pour critiquer la Commission de Bruxelles qui "exploite les crises pour s’arroger des compétences supplémentaires au détriment de la souveraineté des États". Sur l'envoi d'armes à Kiev, le parti de Jordan Bardella est ambigu. Si dans le passé la tête de liste ne s'est pas montrée fermée à la livraison de missiles à longue portée français, elle a mis en garde contre l'envoi de matériel "qui puisse atteindre le territoire russe", au risque d'une "escalade". Sur l'adhésion de l'Ukraine à l'UE, le RN est catégorique, c'est non. 

Reconquête ne veut pas que la "solidarité" se transforme en "suicide"

Enfin, le programme de Reconquête n'est pas beaucoup plus fourni au sujet de l'Ukraine. Si Marion Maréchal n'y aborde pas la question du soutien militaire à Kiev, la tête de liste a déjà eu l'occasion d'affirmer que "la solidarité" avec le pays de Vlodymyr Zelensky ne devait pas "se transforme[r] en suicide". Si la candidate "souhaite évidemment que l'Ukraine puisse défendre ses frontières et sa souveraineté" et "considère qu'il est légitime que la France et les autres pays européens puissent l'aider", elle se dit "formellement opposée à ce qu'il puisse y avoir un emprunt commun pour cette aide", y voyant "le préalable à la création d'un impôt européen". Par ailleurs, elle est favorable à l'utilisation des avoirs russes gelés pour financer l'aide à Kiev, "tant que ça ne passe pas une fois de plus sur la collectivité européenne", et s'oppose à l'intégration de l'Ukraine dans l'UE.


J.F.

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