Sur LCI, dimanche 26 mai, Edouard Philippe a critiqué l'hypothèse d'un débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen avant le scrutin des élections européennes.
Emmanuel Macron évoqué cette possibilité la veille dans un entretien au Parisien.

Un président de la République doit-il débattre en pleine campagne électorale ? Pas pour Edouard Philippe. Dimanche 26 mai, sur LCI, l'ancien Premier ministre a exprimé des doutes au sujet de la proposition d'Emmanuel Macron, évoquée la veille dans un entretien au Parisien, de débattre avec Marine Le Pen avant les élections européennes du 9 juin. 

"Que le Premier ministre, qui est le chef de la majorité, discute avec le chef d'un parti, cela ne me paraît pas scandaleux", a-t-il expliqué à propos du débat Attal-Bardella qui s'est tenu cette semaine. "Que le chef de l'État explique que, dans un cadre électoral, il se propose de débattre avec une personnalité politique, c'est plus surprenant. Je ne sais pas si c'est nécessaire. Pas sûr que j'aurais imaginé spontanément que c'était une bonne idée", a estimé Edouard Philippe. 

"Lever les ambiguïtés" du RN

"Je suis prêt à débattre maintenant avec Mme Le Pen", a déclaré Emmanuel Macron dans un entretien accordé au Parisien, paru samedi. "Si on pense que c'est une élection où se joue une partie du destin de la France, ce que je crois, il faut débattre", a-t-il souligné, affirmant être à la "disposition" de Marine Le Pen. L'intéressée a rapidement répondu, conditionnant un tel débat au fait qu'Emmanuel Macron mette sa démission en balance en cas de défaites aux européennes. 

Le président, en visite d'État en Allemagne ce dimanche, a répondu au même moment aux critiques sur cette proposition de débat. "Je ne suis pas candidat aux élections européennes. Et donc, je ne cherche pas à débattre dans le pluralisme avec tous les candidats aux élections européennes, la tête de liste de la majorité présidentielle le fait et le refera", a insisté le président français. 

"Par contre, contrairement à beaucoup, je ne me résous pas à l'idée que le Rassemblement national serait un parti comme les autres", a ajouté le chef de l'État. "Je considère que [face à] ce parti, qui par ses idées menace l'Europe, précisément parce qu'il est anti-européen par construction et nationalisme, c'est la responsabilité du président de la République de lever ces ambiguïtés", a affirmé Emmanuel Macron. "C'est dans ce cadre-là que j'ai proposé ce débat."


Vincent MICHELON

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