Eric Ciotti a annoncé ce mardi au 13H de TF1 que Les Républicains avaient "besoin d'une alliance" avec le Rassemblement national en vue des législatives.
Un séisme au sein de la droite républicaine, extrêmement mal accueilli par les membres et élus LR dont certains ont déjà annoncé leur démission.
L'immense majorité réclame la démission d'Eric Ciotti.

Quel avenir pour Les Républicains après la bombe lâchée par leur président ? Eric Ciotti a annoncé ce mardi sur TF1 que son parti avait "besoin d'une alliance" avec le RN pour les législatives du 30 juin. "Nous avons besoin d'une alliance, en restant nous-mêmes, (...) avec le Rassemblement national et avec ses candidats", a-t-il déclaré, se disant guidé par le souhait de "préserver les députés sortants" LR et d'avoir "un groupe important" à l'Assemblée. La rumeur d'une telle annonce avait bruissé dans la matinée et avait déjà suscité de vives réactions indignées dans les rangs du parti. Elles se sont confirmées à l'issue de la prise de parole du chef de parti.

"Beaucoup me suivent", "j'ouvre un chemin" "peut-être que certains retardataires y viendront", souhaite croire Eric Ciotti. Pas vraiment la tendance observée dès la fin de son interview. Les sénateurs LR, menés par Bruno Retailleau, ont réaffirmé dans un communiqué "à l’unanimité ce qui doit être la ligne claire et responsable de la droite française : rester elle-même en gardant indépendance et autonomie, vis à vis du camp macroniste comme du camp lepéniste". Deux d'entre eux ont d'ores et déjà annoncé leur démission : la vice-présidente Sophie Primas et le rapporteur général du Budget Jean-François Husson.

"La salade niçoise d’Éric Ciotti est à vomir. L’ADN de la droite, c’est la République. Toute collaboration avec l’extrême droite est une trahison de l’esprit des Républicains", a posté sur X le secrétaire général du parti Geoffroy Didier. "Vendre son âme pour un plat de lentilles et draper cela dans l’intérêt du pays… C'est ce que j’ai toujours refusé", a commenté l'ancienne candidate à la présidentielle et présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse. "L’honneur, la droiture, les convictions ne sont pas des vains mots. Tout ne s’achète pas." "Il a tué ce parti magnifique, trahi tous ses militants et piétiné nos valeurs. Tout ça pour être ministre de l’Intérieur de Madame Le Pen : honte à lui", a présagé le président Renaissance, ex-LR de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur Renaud Muselier, assurant que le positionnement d'Eric Ciotti avait été la raison de son départ. 

"Il doit quitter la présidence des Républicains"

Beaucoup ont appelé à la démission d'Eric Ciotti, élu président des Républicains depuis décembre 2022. "Eric Ciotti n’engage que lui. Il doit quitter la Présidence des Républicains", a sobrement demandé le chef des députés LR Olivier Marleix. Selon le président du Sénat Gérard Larcher, "à la suite des déclarations d’Eric Ciotti, j’estime qu’il ne peut plus présider notre mouvement et doit se démettre de son mandat de président des Républicains". "Eric Ciotti ne parle qu’en son nom personnel. Il doit démissionner immédiatement de la présidence des républicains", a estimé Jean-François Copé. "Éric Ciotti ne peut plus rester le président du parti créé par Jacques Chirac pour unir la droite et le centre après sa victoire de 2002 contre Jean-Marie Le Pen. Il ne peut plus parler en notre nom", a ajouté Philippe Bas, sénateur de la Manche. Une hypothèse qu'il a rejetée. "Je suis président et je reste président des Républicains", "mon mandat, je le tiens des militants, et seuls les militants pourraient me l'enlever", a-t-il lancé après son interview sur TF1.

Dans les rangs des députés, les premiers concernés par l'idée d'une alliance, ils sont aussi nombreux à la rejeter. "La droite française, celle du Général de Gaulle, de Chirac, de Sarkozy, n’est pas celle de la compromission. Ceux qui hier nous ont mené à la débâcle sont prêts à tout pour sauver leurs indemnités", a posté sur X le député Pierre-Henri Dumont. "Moi député Les Républicains, je refuse l’accord qu’Éric Ciotti vient d’annoncer, seul", a assuré Philippe Juvin. 

Des soutiens qui se comptent sur les doigts d'une main

Dans les personnes citées par Eric Ciotti pour appuyer sa décision, figurait le président des jeunes Républicains Guilhem Carayon. "Avec Eric Ciotti et des milliers de militants Les Républicains, nous faisons le choix du courage et du bon sens. Un choix approuvé par des millions de Français. Il faut écouter le peuple qui n’en peut plus de la politique de Monsieur Macron", a-t-il confirmé sur les réseaux sociaux. "Face au danger de la Nupes et face à l’impuissance du macronisme qui laisse la France exsangue, l’urgence est au redressement du pays ! Notre seule boussole est l’intérêt des français. Soutien total Eric Ciotti", a assuré Céline Imart, élue dimanche députée européenne.


Justine FAURE

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