Jamais l'extrême droite française n'avait atteint les 30% lors d'élections européennes.
Si à certains endroits, le parti se place pour la première fois en tête, il a opéré ailleurs une poussée.
C'est le cas à Lesneven, dans le Finistère, où plusieurs explications sont avancées.

Le Rassemblement national (RN) a réalisé une percée historique ce dimanche 9 juin aux élections européennes. Jamais jusqu'ici l'extrême droite française n'avait atteint les 30% lors de ce scrutin. À Lesneven, petite commune du Finistère, la liste de Jordan Bardella arrive en tête avec près de 28% des voix, soit une progression de 11% comparé aux dernières élections européennes de 2019. Sur place, ce résultat historique ne surprend pas les habitants. 

"C'est tout à fait normal, les gens attendent beaucoup du gouvernement actuellement surtout ce qui est pouvoir d'achat, immigration, c'est partout l'insécurité aujourd'hui", explique l'un d'eux dans le reportage de TF1 en tête de cet article, quand certains expliquent avoir voté RN pour la première fois pour protester contre le président de la République. "J'ai voté RN cette fois, j'ai estimé qu'il était temps de lui mettre une leçon", explique ainsi un second, admettant "un vote sanction".

"Complétement déçu"

Pour d'autres, le résultat est aussi la conséquence de l'abstention, qui s'élève à 50%  à Lesneven contre 51% en France. "Moi j'ai trois enfants de 20, 24 et 26 ans, ils ne sont pas allés voter, je le déplore. Ils n'ont pas bougé de chez eux", explique une mère de famille. Mais dans les allées, certains Bretons s'en émeuvent. "On a toujours été dans le socialisme plutôt, en Bretagne c'est un ancrage socialiste, c'est pas la Bretagne le RN pour moi", se répète un homme qui se dit "complétement déçu".  

Dans d'autres départements comme dans l'Aisne, le vote RN aussi s'est renforcé. À Gizy, le parti a progressé de plus de 12 points comparé à 2019, tandis que l'abstention est là aussi élevée : un électeur sur deux seulement s'est déplacé pour voter ce dimanche.

La plupart des habitants n'ont qu'un mot à la bouche : changement. "Le gouvernement récolte ce qu'il a semé pendant dix ans, les gens en ont marre", explique une habitante. Un second abonde : "nous, en campagne, on souffre quand même, il n'y a qu'à voir ici, il n'a plus de commerces".


La rédaction de TF1 | Reportage TF1 : Médéric PIRCKHER, Aurélie JENSSEN et Bora Agirbass

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