Canicule : la France face à une vague de chaleur exceptionnelle

40°C au lieu de 36 : comment l'activité humaine a amplifié la canicule en Grande-Bretagne, selon une étude

Sébastie MASTRANDREAS
Publié le 29 juillet 2022 à 16h55
JT Perso

Source : TF1 Info

L'activité humaine a joué un rôle important dans la vague de chaleur qui a touché le Royaume-Uni en juillet.
Selon une étude publiée jeudi, le changement climatique a multiplié par 10 la probabilité d'une canicule dans le pays.

La vague de chaleur, qui a ravagé une partie de l'Europe au mois de juillet n'a épargné aucun recoin du Vieux continent. Même au Royaume-Uni, le mercure a atteint jusqu'à 40,3°C, les 18 et 19 juillet dernier. Un record absolu outre-Manche, en lien direct avec le changement climatique, causé par l'activité humaine, selon une étude publiée jeudi par le World Weather Attribution. 

Cette initiative, qui regroupe des experts de divers instituts de recherche dans le monde, étudie les liens entre le changement climatique et les phénomènes météorologiques. En se penchant sur le cas britannique, ils ont tenté d'évaluer dans quelle mesure la hausse de températures dues à l'activité humaine a modifié la probabilité et l'intensité de la canicule. 

"Le pic des 40°C enregistrés à Londres en juillet 2022 aurait atteint 36°C, sans le changement climatique causé par l'homme" résume Friederike Otto, chercheuse à l'Université d'Oxford, qui co-signe l'enquête. Celle-ci "met en lumière le rôle majeur du changement climatique dans les vagues de chaleur mortelles", note-t-elle.

La canicule 10 fois plus probable avec le changement climatique

D'après leurs calculs, les experts ont déterminé que, statistiquement, les températures maximales observées en juillet au Royaume-Uni ne peuvent intervenir qu'une fois tous les 1000 ans. Ils ont aussi estimé que ces températures auraient atteint 4°C si l'événement avait eu lieu à l'époque préindustrielle, période depuis laquelle la Terre s'est réchauffée de 1,2°C. Le changement climatique a rendu en outre cet événement 10 fois plus susceptible de se produire, ajoute l'institut.

S'il est trop tôt pour établir un bilan humain des victimes de la chaleur, le rapport fait état "d'au moins 13 noyades" lors de cet événement climatique, marqué par une hausse des appels au secours, et d'une saturation des services de soins aux personnes âgées. Un phénomène qui accentue d'autant plus les inégalités, note enfin le rapport. En effet, dans certains quartiers plus pauvres de Londres, les habitants ont souffert du manque d'espaces vert notamment. 

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Les auteurs de l'enquête mettent ainsi en garde contre les "risques mortels" des vagues de chaleur, qui sont certes aggravés par le réchauffement climatique, mais aussi par une combinaison d'autres facteurs. "Le vieillissement de la population, l'urbanisation, l'évolution des structures sociales et les niveaux de préparation", en font partie, détaillent-ils.


Sébastie MASTRANDREAS

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