En 2022, une association s'est lancé dans un pari un peu fou : filmer un calmar colossal dans son habitat naturel.
L'animal, très rare, est difficile à observer puisqu'il vit dans les grandes profondeurs de l'Antarctique.
Appelé "Kolossal", le projet a recours au tourisme d'aventure pour rentrer dans ses frais.

Filmer pour la première fois un calmar colossal dans son habitat naturel, et ce, avant 2025. C'est le pari un peu fou que s'est lancé Matthew Mulrennan en 2015 avec "Project Kolossal", une association à but non lucratif dont il est le fondateur. L'organisme cherche à obtenir des informations sur cet animal marin, rarement observé, et a débuté ses recherches il y a deux ans avec une première expédition.

Des scientifiques au milieu des touristes

Les recherches, déjà menées en 2022 et en 2023, réunissent une équipe de scientifiques pour tenter d'obtenir des images du calmar colossal. Et pour réduire les coûts, les chercheurs embarquent à bord de croisières touristiques en Antarctique équipés d'une station scientifique complète. Durant les deux premières expéditions, auxquelles le média américain Business Insider a pu assister, l'équipe de recherche a pu filmer des dizaines d'espèces en Antarctique… mais le céphalopode n'a, lui, pas daigné montrer ses tentacules. 

Les scientifiques n'ont obtenu qu'un seul et unique cliché d'un petit bébé calmar, difficilement identifiable comme appartenant à l'espèce du calmar colossal. Malgré ces sorties pour le moment infructueuses, Mattew Mulrennan espère retourner en Antarctique au cours de la prochaine saison, juste à temps pour respecter la date limite qu'il s'est imposé pour retrouver le calmar colossal d'ici à 2025.

Une créature aussi imposante que mystérieuse

Le calmar colossal est un exemple saisissant de gigantisme abyssal, au vu de sa taille supérieure à ses homologues de surface. Les estimations de sa longueur maximale sont de 14 mètres, faisant de lui le plus grand des invertébrés connus à ce jour. Cependant, beaucoup le confondent ou l’assimilent à un proche parent des calmars géants du genre Architeuthis. Ils partagent tous deux des dimensions impressionnantes, avec une estimation de 13 mètres maximum pour les femelles contre 10 mètres pour les mâles. Mais dans les faits, le calmar géant et le calmar colossal ont une anatomie assez différente. Ce dernier ayant un plus long manteau et une plus grosse tête que le calmar géant, bien que ses tentacules soient plus courts.

En outre, si les informations concernant le calmar géant sont très minces, elles le sont encore plus pour le calmar colossal. Les adultes de l’espèce vivant au moins à une profondeur de 2200 mètres, les expéditions et études leur étant dédiées nécessitent par défaut des moyens ambitieux. Seuls une dizaine de spécimens ont été étudiés à ce jour. On estime cependant l’existence d’une population plutôt importante du fait de notamment de nombreux becs de ces calmars trouvés dans l'estomac de cachalots, dont l'alimentation pourrait être composée à plus de 70% de ces animaux.


Axel JUIN

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