Le nombre d'espèces menacées pourrait être bien plus important que ce que l'on pense

S.A avec AFP
Publié le 4 août 2022 à 22h40
JT Perso

Source : JT 20h WE

À cause d'un manque de données, plus de la moitié des espèces n'a pas statut de conservation évalué.
Une nouvelle technique d'apprentissage prouve que plusieurs pourraient être menacées d'extinction.
C'est ce que rapporte ce jeudi une étude publiée dans la revue scientifique Communications Biology.

Et si l'état de la biodiversité dans le monde était bien plus inquiétant que prévu ? Une étude publiée jeudi dans la revue scientifique Communications Biology estime en effet que plus de la moitié des espèces dont le statut de conservation ne peut pas être évalué sont vraisemblablement menacées d'extinction. Des espèces que lesquelles les scientifiques manquent largement de données. 

Chaque année, l'Union internationale pour la conservation de la nature dresse en effet une liste rouge mondiale des espèces menacées. À l'heure actuelle, l'UICN possède des données concernant 150.000 espèces végétales et animales. Parmi elles, 41.000 sont menacées d'extinction. Mais pour des milliers d'autres espèces, elle manque d'éléments pour évaluer leur état de conservation, qui peut aller de "préoccupation mineure" à "en danger critique", voire "éteinte".

Une nouvelle technique d'apprentissage

Des chercheurs de l'Université norvégienne de science et de technologie, à l'origine de l'étude, ont donc utilisé une nouvelle technique d'apprentissage automatique, via un algorithme. Grâce à celle-ci, ils ont pu avoir des estimations concernant 7699 espèces pour lesquelles on manque de données. 4336 d'entre elles seraient probablement menacées d'extinction. Dont 85% seraient des amphibiens et 61% des mammifères sur cette liste complémentaire. 

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"Nous voyons qu'à travers la plupart des zones terrestres et côtières à travers le monde, le taux d'extinction pourrait être plus élevé en incluant les espèces pour lesquelles nous manquons de données", s'inquiète l'auteur principal de l'étude, Jan Borgelt, auprès de l'AFP.

Des régions plus touchées que d'autres

Cette analyse fait aussi ressortir certaines régions où le risque est plus important pour les espèces animales. C’est le cas par exemple de Madagascar, riche d'une faune unique, ou encore le sud de l'Inde. Les découvertes des scientifiques pourraient aider l'UICN à développer une stratégie concernant les espèces sous-évaluées, espère Jan Borgelt.

Un rapport de l'ONU publié en 2019 a averti qu'un million d'espèces sont menacées d'extinction à moyen et long terme. En cause : la perte d'habitats, le changement climatique ou encore la prolifération des espèces invasives envahissantes.


S.A avec AFP

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