La consommation de boissons vient alourdir l'empreinte carbone alimentaire des Français.
C'est surtout en raison de la quantité consommée et des emballages, selon le Haut conseil pour le climat.
Mais aussi du transport : la plupart de ces boissons viennent de loin.

C'est un fait bien connu : notre consommation de produits d'origine animale représente la majorité de notre empreinte carbone alimentaire (51%). Mais la façon dont se décompose le reste de nos émissions de gaz à effet de serre liées à notre alimentation, elle, est parfois moins connue. Le Haut conseil pour le climat (HCC) a profité de son rapport sur l'agriculture et l'alimentation, publié jeudi, pour la rappeler et détailler les causes.

Selon les chiffres de l'institut Carbone 4 sur l'année 2021, l'empreinte en kg équivalent CO2 (l'unité de mesure utilisée pour comparer les émissions de gaz à effet de serre sur la base de leur potentiel de réchauffement global) par personne en France est de 2,35 tonnes éqCO2 : 920 kg pour la viande, 450 kg pour les boissons, 390 kg pour le lait et les fromages, 240 kg pour les fruits et légumes, 230 kg dans la catégorie "autres" et 120 kg pour le poisson.

Carbone 4, HCC

"Les produits d’origine animale sont responsables de la majorité de l’empreinte carbone alimentaire (51 %, dont 38% pour la viande), suivi des boissons (15 %) sur la base de l’analyse des quantités consommées et des facteurs d’émissions associés à chaque aliment", écrit le HCC. 

Ces 15% sont intéressants, car la catégorie "boissons" apparaît en deuxième position "du fait de l'importance des quantités consommées plutôt que des niveaux d'émissions" de gaz à effet de serre produite par la fabrication et le transport de ces boissons. Chaque année, ce sont plus de 16,5 milliards de litres qui sont vendus en France.

26% des émissions de gaz à effet de serre des boissons proviennent du café

Mais l'empreinte carbone de ces litres consommés est très diverse : 26% des émissions de gaz à effet de serre des boissons proviennent du café, 19% des autres boissons chaudes, 18% des alcools, 18,5% des jus et 18,5% de l'eau en bouteille. 

Les emballages, et leur process de fabrication, viennent alourdir la facture climatique des boissons. "La part des émissions dues à l'emballage est particulièrement élevée pour les boissons, en particulier pour les boissons alcoolisées (44%) et l’eau (54%)", notent les experts. Et les émissions de l'industrie agro-alimentaire augmentent. "La production de boissons utilisent de l’énergie et donc émet des gaz à effet de serre et l'activité des industries agroalimentaires en France est en croissance", peut-on lire dans le rapport. Celles-ci (aliments et boissons compris) ont émis directement 9 Mt éqCO2 en 2021.

Pour l'eau, ce sont surtout les quantités consommées là aussi qui font plonger l'empreinte carbone alimentaire des Français : "l’eau en bouteille illustre un effet de volume, son facteur d’émissions étant assez faible", écrit l'organe. 

Pour le café, le thé, les tisanes, les émissions sont essentiellement des émissions importées : les matières premières venant hors d'Europe. D'ailleurs, toujours selon les chiffres du HCC, "46% de l’empreinte carbone alimentaire sont des émissions importées, dont 52 % pour les importations des aliments et boissons directement destinées au consommateur"

La part de ces émissions importées a augmenté entre 2010 et 2018 : les Français consomment davantage de produits qui viennent d'ailleurs. Un phénomène qui vient "contrarier les baisses des émissions réalisées sur la production agricole intérieure", regrette le groupe d'experts nommés par Emmanuel Macron pour évaluer l'impact des politiques publiques sur les émissions de gaz à effet de serre de la France.

Parmi les pistes avancées, en dehors d'une baisse de la consommation des boissons en bouteille, le HCC évoque un report modal vers des modes de transports moins émetteurs, le train ou les fleuves sur de longues distances, adapté au voyage des boissons.


Marianne ENAULT

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