La députée LFI Mathilde Panot voit dans la climatisation un danger pour le réchauffement des températures, qui bondiraient de deux degrés en ville.
Des propos corroborés par des études sourcées, menées depuis plusieurs années sur le cas de l’agglomération parisienne.

En période de canicule, tout est bon pour se rafraichir. Ainsi, de nombreux Français n’hésitent plus à sauter le pas et à se doter d’une climatisation pour leur intérieur. Problème, cette solution est aussi bien bénéfique sur le court terme que néfaste pour l’environnement sur le long terme. "Vous pouvez augmenter jusqu'à 2 degrés la température en ville en utilisant des climatiseurs", a argué ce 23 août Mathilde Panot, député Nupes, en ajoutant que des études avaient été menées sur le sujet. Tout en admettant que l’usage de la climatisation n’était pas à bannir non plus, mais plutôt à réserver aux établissements les plus vulnérables à la chaleur, comme les hôpitaux ou les Ehpad. 

Un usage limité, recommande l'Ademe

Pourtant, les Français comme les Européens sont de plus en plus nombreux à opter pour cette solution face aux vagues de chaleur. En 2020, 25% des ménages français en étaient équipés, selon l’Ademe, et 20% des ménages de l’UE, d’après l’Agence européenne pour l’environnement. Le principe d’un climatiseur est des plus simples. En fonctionnant comme une pompe à chaleur, il consiste à refroidir une pièce en évacuant la chaleur vers l’extérieur. Ces systèmes de refroidissement entrainent bien des conséquences sur l'atmosphère, sans compter la pollution engendrée par les gaz rejetés. Dans son guide de solutions pour refroidir les villes, l’Agence de la transition écologique (Ademe) rappelle qu’"il est important de privilégier des solutions alternatives à la climatisation, car en refroidissant l’intérieur du bâtiment, elle contribue au réchauffement de l’extérieur". Mais de combien ?

Une étude, publiée en juillet 2020 dans la revue Environmental Research Letters, répond justement à cette question. Menée par des chercheurs du Centre international de recherche sur l'environnement et le développement (CIRED) et du Centre national de recherches météorologiques (CNRM), elle se penche sur le cas de l’Île-de-France et du recours à la climatisation dans la région. 

Végétaliser, isoler et communiquer

L’étude part d’un scénario de référence dans lequel des climatiseurs sont utilisés dans tous les bâtiments pour maintenir une température de 23°C. "Les augmentations de température dues à la climatisation dépendent de l'heure de la journée et des caractéristiques de la canicule, principalement de son intensité", précise-t-elle. Par exemple, après "9 jours d'une canicule similaire à celle de 2003", cette utilisation systématique augmenterait "jusqu’à 2,4°C" la température de l’air. Passé ce constat, les chercheurs proposent des alternatives à la climatisation : végétaliser l'espace, mieux isoler les bâtiments et mieux conseiller la population sur les bons usages à adopter. Réunies, elles permettraient "un refroidissement important de l'air extérieur (jusqu'à 4,2 °C la nuit)".

Cette hausse observée de la température extérieure de 2°C a déjà été renseignée dans des travaux plus anciens, également focalisés sur la ville de Paris. En 2012, une étude de Météo France et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) constatait par exemple une augmentation comprise entre 0,5°C avec des climatisations de l’époque et 2°C "pour le futur doublement de la chaleur perdue de la climatisation rejetée dans l'air". 

Du côté des décideurs, on se prépare déjà à des températures caniculaires devenues la norme : dans un récent rapport, le groupe écologiste du conseil de Paris a imaginé comment s'adapter dans un Paris à 50 degrés en plein été. 

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Caroline QUEVRAIN

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