Canicule : la France face à une nouvelle vague de chaleur

Canicule, sécheresse... La production énergétique française, l'autre victime de la météo

Idèr Nabili
Publié le 8 août 2022 à 17h34
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Avec les menaces sur le gaz russe et l'arrêt de réacteurs nucléaires pour corrosion, la France s'inquiète pour son approvisionnement énergétique cet hiver.
Cerise sur le gâteau : la succession des vagues de chaleur et la sécheresse mettent désormais à mal la production d'électricité.

Coup de chaud sur la production énergétique française. Cette semaine, le pays connaît sa quatrième vague caniculaire de l'été, avec des températures qui atteindront les 40°C pendant plusieurs jours. Un phénomène météorologique dont la France se serait bien passée, dans un contexte déjà tendu sur le plan énergétique avec les menaces sur le gaz russe.

Car si le risque d'un black-out au cours de l'hiver en cas de grand froid reste, pour l'heure, contenu, les vagues de chaleur consécutives viennent aggraver la situation. En effet, la plupart des moyens dont le pays dispose pour produire de l'électricité sont mis à mal par les températures élevées.

Les centrales nucléaires utilisent de l'eau pour le refroidissement

C'est notamment le cas des centrales nucléaires, responsables de 70% de la production d'électricité dans le pays, selon EDF. Douze des 56 réacteurs que compte la France sont d'ores et déjà temporairement à l'arrêt, la faute à de la corrosion. Plusieurs autres sont contraints d'abaisser leur production.

Pour refroidir, les centrales nucléaires utilisent de l'eau qu'elles puisent dans les rivières ou les fleuves, avant de la rejeter. Or, l'eau rejetée est soumise à des contraintes environnementales et ne doit pas dépasser un seuil de température afin de protéger la faune et la flore. Avec la chaleur, cette limite est franchie pour plusieurs centrales, qui doivent réduire leur puissance. Le gouvernement a toutefois accordé des dérogations exceptionnelles et limitées dans le temps à certaines d'entre elles pour conserver une production d'électricité suffisante, au grand dam des associations de défense de l'environnement.

La production hydraulique en baisse avant même la sécheresse de juillet

En revanche, les moyens d'action pour préserver la production hydroélectrique, deuxième source de production d'électricité du pays, sont plus limités. À cause de la sécheresse "historique" que traverse la France, les installations hydroélectriques, qui ont besoin du débit des cours d'eau pour créer de l'électricité, ne peuvent fonctionner à plein.

Lors de la publication des résultats du premier semestre - avant même la sécheresse de juillet - EDF a annoncé une baisse de ses performances. "La production hydraulique en France s'élève à 18,9 TWh, en baisse de 5,7 TWh par rapport au premier semestre 2021 dans un contexte d'hydraulicité historiquement faible", indiquait l'entreprise le 28 juillet.

L'anticyclone, l'ennemi des éoliennes

L'éolien aussi subit de plein fouet les phénomènes météorologiques, même si le lien avec la chaleur est indirect. Les éoliennes, qui ne peuvent fonctionner qu'à partir d'un vent à 15 km/h, peuvent être mise à l'arrêt en temps de canicule selon "les raisons de la forte chaleur", explique à TF1info Sandrine Aubrun, enseignante-chercheuse sur les problématiques liées à l'énergie éolienne à l'École centrale de Nantes. C'est le cas lorsque les températures élevées sont provoquées par l'absence de vent. "Tout dépend de la position de l'anticyclone", indique-t-elle.

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Ces derniers temps, les fortes chaleurs sur la France ont toutefois été accompagnées "de pas mal de vent", rapporte Sandrine Aubrun. "Mais il peut y avoir des situations caniculaires au cours desquelles il n'y a pas de vent", comme lors des fortes chaleurs en 2003. Les éoliennes sont alors forcées à l'arrêt, elles aussi.


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