Cerises, raisins, citrons... Des traces de pesticides dans près des deux tiers des fruits non-bio

par T.A. avec AFP
Publié le 22 février 2024 à 17h48

Source : JT 13h Semaine

Plus de 73% des fruits non-bio contiennent au moins un résidu de pesticides, selon une étude publiée ce jeudi et réalisée entre 2017 et 2021.
Parmi les pires élèves : les pamplemousses, les raisins ou encore les nectarines.
Le constat n'est pas vraiment meilleur en ce qui concerne les légumes, puisque 45% d'entre eux contiendraient aussi la trace d'au moins un pesticide.

Près de deux tiers des fruits non-bio contiennent le résidu d'au moins un pesticide. Selon une étude publiée par l'ONG Générations Futures ce jeudi 22 février, la situation est critique : les résultats de cette analyse, portant sur des produits vendus entre 2017 et 2021, se sont dégradés par rapport à la précédente expertise, réalisée entre 2012 et 2017. Sur cette tranche, selon le dernier rapport en date, 73,1% des fruits non-bio contenaient donc la trace d'au moins un pesticide. 

Cette étude, menée par une ingénieure spécialisée pour le compte de l'organisation, montre que certains fruits sont plus concernés que d'autres. De manière générale, les agrumes font partie des pires élèves : 91,1% des échantillons de pamplemousses ou pomelos étudiés contiennent ainsi la trace d'au moins un résidu de pesticide sur cette période de quatre ans, tout comme 87,2% des mandarines/clémentines et oranges ou 78,6% des citrons. Mais ce sont bien les cerises qui concentrent le plus la trace de pesticides, avec 93,8% des produits concernés par au moins un résidu phytosanitaire. Les raisins, eux, en contiennent 88,3%.

Les seuils maximaux autorisés de pesticides souvent dépassés

Toutefois, ces recherches ne s'arrêtent pas seulement aux fruits. 31 types de légumes non-bio ont également été analysés par l'ONG. Au total, près de la moitié d'entre eux (45,8%) ont été contrôlés avec la trace d'au moins un pesticide entre 2017 et 2021. Là aussi, certains aliments sont dans une situation plus délicate que d'autres. Le top 5 des légumes les plus concernés se constitue d'abord des cèleris-raves (78,3% d'entre eux contiennent la trace d'au moins un pesticide), puis des melons (69%), des endives (67,7%), des herbes fraîches aromatiques (67,3%) et des panais (61,1%).

À l'inverse, d'autres produits, comme les litchis, les figues, les navets, les potirons, les choux-fleurs, les betteraves ou encore les topinambours, font figure de bons élèves. Autre critère passé à l'étude par Générations Futures : la "limite maximale en résidus" (LMR), c'est-à-dire le niveau maximal de pesticides autorisé légalement dans les denrées alimentaires. De nombreux produits sont au-delà des seuils fixés par la réglementation, d'après les résultats de l'ONG. C'est tout particulièrement le cas pour les herbes aromatiques, les salades, les cèleris-raves, les fruits de la passion, les ananas ou bien les grenades.

"La présence de pesticides dans l'alimentation végétale reste plus que jamais d'actualité et nécessite la mise en place de politiques agricoles volontaristes et contraignantes visant à réduire notre dépendance à ces intrants de synthèse", conclut Générations Futures dans un communiqué accompagnant l'étude. Pour calmer la colère des agriculteurs, le Premier ministre Gabriel Attal avait annoncé le 1ᵉʳ février la mise en "pause" du plan Ecophyto, visant à réduire l'usage des pesticides en France, "le temps de mettre en place un nouvel indicateur" de mesure pour substituer l'actuel, le "Nodu".


T.A. avec AFP

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