Le Pakistan en proie à des inondations catastrophiques

Climat : l'appel désespéré du Pakistan pour sauver la planète

Annick Berger avec AFP
Publié le 24 septembre 2022 à 10h38
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Le Pakistan, victime cet été d'inondations dévastatrices, a lancé un appel désespéré à l'ONU ce vendredi.
Le Premier ministre Muhammad Shehbaz Sharif a ainsi demandé aux pays riches de sauver la planète.

C'est un appel vibrant qu'a lancé, vendredi, le Premier ministre pakistanais devant l'ONU. Alors que son pays a été dévasté, cet été, par des inondations "dévastatrices", Muhammad Shehbaz Sharif a appelé la communauté internationale à sauver la planète menacée par le dérèglement climatique, provoqué par les pays riches et qui frappe injustement cette nation pauvre d'Asie du Sud, selon lui. 

À la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU vendredi, le chef du gouvernement pakistanais a affirmé que "le Pakistan n'a jamais vu une telle illustration absolue et dévastatrice de l'impact du réchauffement climatique". Mais le Premier ministre, dans un discours vibrant, y a ajouté une sombre prédiction.

"L'humanité n'est pas de taille"

Il a prévenu la communauté internationale que cette "calamité" climatique due à des pluies de "mousson monstrueuses" n'était qu'un prélude à ce qui attend le reste du monde. "Une chose est très claire : ce qu'il s'est passé au Pakistan ne restera pas cantonné au Pakistan", a lancé Shehbaz Sharif, la voix parfois prise par la colère et le visage fermé. D'après le dirigeant, "la définition même de la sécurité nationale a aujourd'hui changé et à moins que les dirigeants mondiaux ne s'unissent et n'agissent maintenant sur un programme minimal, il n'y aura plus de Terre pour y mener des guerres".

"La Nature va contre-attaquer et pour cela l'humanité n'est pas de taille", a prévenu le leader de 71 ans, au pouvoir à Islamabad depuis avril. Causées par des pluies de mousson diluviennes, à la force accrue par le réchauffement climatique selon des experts du World Weather Attribution, les inondations avaient recouvert un tiers du Pakistan, soit la superficie du Royaume-Uni, et provoqué la mort de près 1600 personnes depuis juin, selon le dernier bilan. Habitations, commerces, routes, ponts et récoltes agricoles ont été détruits. 

Dans ce pays coincé entre l'Afghanistan, l'Iran, l'Inde et la Chine, plus de sept millions de personnes ont été déplacées, beaucoup vivant dans des camps de fortune sans protection contre les moustiques et où manquent l'eau potable et les sanitaires.

"Aujourd'hui, c'est le Pakistan. Demain, ça peut être n'importe quel autre pays"

Une catastrophe climatique qui avait poussé le secrétaire général de l'ONU, qui s'était rendu sur place début septembre, à exhorter les grands pollueurs de la planète à "arrêter cette folie" consistant à investir encore dans les énergies fossiles. Car pour Islamabad, les effets du climat sont particulièrement injustes pour un pays pauvre en développement de 220 millions d'habitants et d'à peine 350 milliards de PIB annuel (en 2021 selon la Banque mondiale).

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"Pourquoi mon peuple paie le prix d'un tel réchauffement climatique" alors que le Pakistan représente 0,8% des émissions mondiales de CO2, s'est interrogé le Premier ministre. Il s'est emporté contre une "Nature (qui) a déchaîné sa furie contre le Pakistan sans même regarder notre empreinte carbone". "Le Pakistan et les Pakistanais n'ont pas créé cette crise dont ils sont (maintenant) les victimes" en raison de "l'industrialisation de plus grands pays", a renchéri devant la presse à l'ONU le jeune ministre des Affaires étrangères Bilawal Bhutto Zardari.

"Nous ne faisons pas la charité, nous ne voulons ni armes, ni aide. Mais la justice pour notre peuple et pour les autres pays frappés par le (dérèglement du) climat", a lancé ce fils de l'ex-Première ministre Benazir Bhutto tuée en 2007 et de l'ancien président Asif Ali Zardari. Dans le hall du palais des Nations unies à New York, des photos et des cartes du Pakistan sous les eaux sont exposées. L'une est frappée de cette affirmation : "Aujourd'hui, c'est le Pakistan. Demain, ça peut être n'importe quel autre pays!!!!".


Annick Berger avec AFP

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