Une étude publiée dans la revue Nature alerte sur l'avenir des grenouilles, tritons et autres salamandres.
En cause : le changement climatique dû aux activités humaines.
Ces animaux sans poils, plumes ou écailles pour les protéger sont particulièrement vulnérables aux fluctuations de leur environnement.

Ce sont des millions d'animaux qui pourraient disparaître si rien n'est fait. Une étude publiée mercredi 4 octobre dans la revue Nature alerte sur l'avenir des grenouilles, crapauds et autres salamandres. En cause : le changement climatique dû aux activités humaines qui rapproche les amphibiens de l'extinction. Selon les chercheurs, ces animaux dépourvus de plumes, de poils ou d'écailles sont particulièrement vulnérables aux modifications de leur environnement. 

La multiplication des phénomènes extrêmes en raison de la hausse des températures mondiales représente un risque majeur pour ces espèces qui peuvent vivre dans l'eau ou sur terre. Les sécheresses, de plus en plus fréquentes et intenses, entraînent des risques de déshydratation rapide pour les amphibiens, alors que les orages plus violents, les inondations ou la montée du niveau des eaux menacent leurs habitats, pointent les chercheurs.

Des changements trop rapides

"Dans de nombreux cas, ces changements sont trop rapides pour qu'ils puissent s'adapter", relève Kelsey Neam, spécialiste auprès de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et coautrice de l'étude. "Le changement climatique représente une menace sous-évaluée pour les amphibiens" et qui deviendra de plus en plus "évident", pointe la scientifique.

Une vaste étude dont les résultats ont été publiés en 2004 avait déjà montré que ces animaux étaient les vertébrés les plus menacés sur la planète. Dans l'article publié mercredi, les scientifiques s'appuient sur une mise à jour de cette étude, fondée sur l'évaluation de 8011 espèces pour le compte de l'UICN. Ils concluent que la situation des amphibiens a continué à se détériorer, avec 41% d'entre eux désormais classés comme "menacé" (une catégorie qui regroupe les espèces vulnérables, en danger et en danger "critique").

Dans le détail, le changement climatique est responsable de 39% de la détérioration du statut de conservation des espèces depuis 2004, affectant 119 espèces. La mise en lumière du rôle du climat dans cette donnée constitue une grande nouveauté, les études ayant principalement relevé le rôle de la perte d'habitat dans la disparition des espèces (37%). Par ailleurs, la destruction et la dégradation du lieu de vie des amphibiens, en raison de l'agriculture intensive ou de la construction de bâtiments, reste la menace la plus importante, avec 93% des espèces menacées par ces activités.

On s'attend à ce que le changement climatique pousse certaines espèces encore plus près de l'extinction
Kelsey Neam, coautrice de l'étude

Les espèces les plus en danger sont les salamandres et les tritons, dont la survie est en jeu dans les Caraïbes, les Andes tropicales, Madagascar ou le Sri Lanka en raison des feux ou des sécheresses qui ont frappé les zones où elles résident. En Australie ou au Brésil, le manque d'eau devrait, par exemple, menacer la reproduction des grenouilles qui ont besoin de l'humidité des sols et des feuilles pour protéger leurs œufs. 

"On s'attend à ce que le changement climatique pousse certaines espèces encore plus près de l'extinction", souligne Kelsey Neam. "En protégeant les amphibiens, nous protégeons les forêts et les écosystèmes qui représentent des solutions importantes et fondées sur la nature pour combattre le changement climatique", plaide-t-elle, soulignant l'urgence à protéger les habitats et à baisser les émissions de gaz à effet de serre. Il est d'autant plus crucial de protéger les amphibiens qu'ils jouent un rôle essentiel dans la chaîne alimentaire, puisqu'ils sont source de nourriture pour les oiseaux, les mammifères et les reptiles. 


A.B. avec l'AFP

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