Climat : l'Europe se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète

S.M avec AFP
Publié le 2 novembre 2022 à 17h30, mis à jour le 3 novembre 2022 à 7h55

Source : JT 13h Semaine

Les températures ont augmenté de +0,5 °C tous les dix ans en Europe, entre 1991 et 2021, selon l'ONU.
C'est deux fois plus que dans le reste du monde, alerte l'organisme dans un rapport.
Ce phénomène laisse présager de nouveaux événements météorologiques et climatiques à fort impact.

Le Vieux continent est celui qui se réchauffe le plus rapidement. L'Europe a enregistré une hausse des températures plus de deux fois supérieure à la moyenne planétaire au cours des trente dernières années, a indiqué l'ONU ce mercredi, à quelques jours de l'ouverture de la COP27 en Égypte. Avec un réchauffement d'environ +0,5 °C par décennie entre 1991 et 2021, les températures européennes ont subi une élévation considérable, révèle un rapport élaboré par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) des Nations unies et le service européen sur le changement climatique Copernicus. 

"Il s'agit du réchauffement le plus rapide des six régions définies par l'OMM" - l'Arctique, n'étant pas comptée comme une région à part entière dans le rapport, a souligné le secrétaire général de l'OMM, le Finlandais Petteri Taalas, dans ce rapport sur le climat en Europe. L'Europe "offre l'image vivante d'une planète qui se réchauffe et elle nous rappelle que même les sociétés bien préparées ne sont pas à l'abri des conséquences des phénomènes météorologiques extrêmes", a-t-il résumé. 

Lourd bilan des inondations et incendies monstres de cet été

En conséquence, en Europe, les glaciers alpins ont perdu 30 mètres d'épaisseur entre 1997 et 2021. Dans le même temps, la calotte glaciaire du Groenland fond progressivement, contribuant à accélérer l'élévation du niveau de la mer. "En 2021, une série d'événements météorologiques et climatiques extrêmes se sont produits dans diverses régions d'Europe", a rappelé Petteri Taalas, évoquant les inondations monstres et les incendies destructeurs qui ont ravagé le Vieux Continent cet été. Ces phénomènes météorologiques et climatiques à fort impact ont provoqué des centaines de décès en Europe, touché directement plus d'un demi-million de personnes et causé des dommages économiques dépassant 50 milliards de dollars, selon l'OMM. Dans environ 84% des cas, il s'agissait d'inondations ou de tempêtes.

Quelle que soit la progression du réchauffement climatique (l'accord de Paris fixe pour objectif de limiter le réchauffement à 2 °C, voire 1,5 °C, alors que les prévisions indiquent que ce réchauffement atteindra + 2,6 °C d'ici à la fin du siècle), dans toutes les régions d'Europe, l'élévation des températures sera plus forte que la moyenne planétaire, prévient l'OMM, un phénomène laissant présager chaleurs, feux de forêt, inondations... 

Toutes les nouvelles ne sont cependant pas mauvaises, assure l'organisation, qui souligne que plusieurs pays européens parviennent très bien à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (ces émissions ont déjà diminué de 31% dans l'UE, entre 1990 et 2020, l'objectif étant une réduction nette de 55% en 2030). Selon Petteri Taalas, "l'Europe peut jouer un rôle décisif pour l'avènement d'une société neutre en carbone avant le milieu du siècle, pour respecter l'Accord de Paris". L'Europe est également l'une des régions les plus avancées en matière de coopération transfrontalière en matière d'adaptation au changement climatique, et environ 75% de sa population est protégée des catastrophes naturelles et météorologiques par des systèmes d'alerte précoce efficaces. 


S.M avec AFP

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