"Alerte rouge" de l'ONU sur le climat : la mer monte deux fois plus vite qu'il y a 20 ans

Publié le 19 mars 2024 à 16h58, mis à jour le 19 mars 2024 à 17h21

Source : JT 20h Semaine

Températures, banquise, glaciers… dans un nouveau rapport, l'ONU confirme que de nombreux records ont été battus en 2023.
L'année 2023 a bel et bien été l'année la plus chaude jamais enregistrée.
La fonte des glaciers et le réchauffement de l'eau ont conduit à une élévation record du niveau de la mer.

La Terre a battu de nouveaux records, mais c'est un palmarès qui ne fait aucun envieux. Car c'est une planète "au bord du gouffre" que décrit le rapport rendu public mardi par l'Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence de l'ONU. Gaz à effet de serre, températures de surface, acidification des océans, niveau de la mer : toutes ces courbes "explosent". 

Seules deux courbes baissent : l'étendue de la banquise antarctique, qui se réduit, année après année, et les glaciers, qui reculent. "Le rapport sur l’état du climat mondial en 2023 vient donner un sens nouveau et alarmant à l’expression 'hors normes'", résume l'OMM dans un communiqué.

Une alerte rouge
Organisation météorologique mondiale

Si l'on ne devait retenir qu'une donnée de cette "alerte rouge" lancée par l'ONU, ce serait l'évolution du niveau de la mer.

"En 2023, le niveau moyen de la mer à l’échelle du globe a atteint un niveau record si l’on se réfère à l’ère satellitaire (depuis 1993)", écrit ainsi l'OMM. Le taux d'élévation du niveau moyen de la mer au cours de la dernière décennie (2014-2023) est plus de deux fois supérieur à celui de la première décennie de l'ère satellitaire (1993-2002). 

Concrètement, la mer monte deux fois plus vite qu'il y a vingt ans !

Pourquoi retenir cette évolution-là plutôt qu'une autre, toute aussi alarmante ? Parce que la variation du niveau de la mer raconte à la fois les causes et les conséquences.

Des eaux plus chaudes, des glaciers qui fondent

Parmi les causes :

- Le réchauffement des mers du globe qui fait monter le niveau des océans (phénomène appelé "expansion thermique").

- La fonte des glaciers continentaux et de la calotte polaire en Antarctique et au Groenland

Sur le premier phénomène, le rapport relève que près d'un tiers de l’ensemble des océans dans le monde étaient sous l'emprise d’une vague de chaleur marine. Par ailleurs, à la fin de 2023, plus de 90% des océans de la planète avaient connu des vagues de chaleur à un moment ou à un autre de l'année, toujours selon l'OMM.

"La vitesse de réchauffement des eaux a très fortement augmenté ces deux dernières décennies, écrit l'agence de l'ONU. Selon toute attente, ce réchauffement va se poursuivre, occasionnant un changement irréversible pendant des siècles, voire des millénaires.

Deuxième élément qui contribue à la hausse du niveau de la mer : la fonte des glaciers continentaux et de la calotte polaire en Antarctique et au Groenland. "Les glaciers de référence à travers la planète ont subi le recul le plus important jamais enregistré depuis 1950, après une fonte extrême dans l'ouest de l'Amérique du Nord et en Europe", selon les données préliminaires de l'OMM.

Globalement, 2023 a bel et bien été l'année la plus chaude jamais enregistrée, avec une température moyenne à la surface du globe de 1,45°C au-dessus du niveau de référence de l’ère préindustrielle. Il s'agit par ailleurs de la décennie (2014-2023) la plus chaude jamais observée, dépassant la moyenne 1850‑1900 de 1,20°C. 

Deux raisons à cette hausse des températures mondiales sur le long terme : d'abord et surtout, l'augmentation de la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, avec des niveaux record en 2022, puis l'arrivée du phénomène climatique El Niño au milieu de l’année 2023. 

Quelles sont les conséquences de cette évolution du niveau des mers sur la planète ?

D'abord, le réchauffement des océans a des répercussions profondes sur les écosystèmes marins et les récifs coralliens. 

Ensuite, les petits États insulaires sont menacés, Tuvalu ou les Maldives par exemple, mais aussi des littoraux partout sur la planète. 

Des chercheurs du monde entier travaillent à établir la trajectoire d'élévation du niveau des mers et les conséquences. En 2021,  le GIEC indiquait dans son rapport que la seule fonte de la calotte glaciaire du Groenland contribuerait à hauteur de 18 centimètres à l'élévation du niveau de la mer d'ici à 2100.


Marianne ENAULT

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