La température de l'océan n’a jamais été aussi élevée

par A. LG avec AFP
Publié le 9 avril 2024 à 8h14

Source : TF1 Info

Mars 2024 a été le plus chaud jamais enregistré dans le monde, a annoncé mardi Copernicus.
L'observatoire européen relève aussi un nouveau record mensuel absolu de températures des mers du globe.
Cette surchauffe menace la vie marine et entraîne plus d'humidité dans l'atmosphère, synonyme de conditions météorologiques plus instables.

Avec un nouveau record de température en mars, les douze derniers mois ont été les plus chauds jamais enregistrés dans le monde. Poursuivant une série ininterrompue de dix records mensuels, mars 2024 a ainsi été le mois de mars le plus chaud jamais enregistré, a annoncé mardi 9 avril l'observatoire européen Copernicus, relevant une température moyenne 1,68°C plus élevée qu'un mois de mars normal dans le climat de l'ère pré-industrielle (1850-1900).

Plus en détail, la température moyenne mondiale sur les douze derniers mois dépasse de "1,58°C les niveaux préindustriels", dépassant la limite de 1,5°C fixée par l'accord de Paris, en raison de décennies d'émissions de gaz à effet de serre, dont l'effet est accentué depuis la mi-2023 par le phénomène El Niño, a déclaré Samantha Burgess, cheffe adjointe du service changement climatique (C3S) de Copernicus. Cette anomalie devrait toutefois être relevée en moyenne sur "au moins 20 ans" pour considérer que le climat, et non la météo annuelle, a atteint ce seuil, rappelle l'observatoire.

"Incroyablement inhabituel"

L'océan est également en surchauffe, alors que cela fait désormais plus d'un an que sa température est plus chaude que toutes les annales. Mars 2024 établit même un nouveau record absolu, tous mois confondus, avec 21,07°C de moyenne mesurés à leur surface (hors zones proches des pôles) par Copernicus, alors que l'océan est un régulateur majeur du climat et recouvre 70% de la Terre.

"C'est incroyablement inhabituel", relève Samantha Burgess. Cette surchauffe menace la vie marine et entraîne plus d'humidité dans l'atmosphère, synonyme de conditions météorologiques plus instables, comme des vents violents et des pluies torrentielles. Elle réduit aussi l'absorption de nos émissions de gaz à effet de serre dans les mers, puits de carbone qui emmagasinent 90% de l'excès d'énergie provoquée par l'activité humaine.

"Plus l'atmosphère mondiale se réchauffe, plus les événements extrêmes seront nombreux, sévères, intenses", rappelle la scientifique, citant la menace "des vagues de chaleur, sécheresses, inondations et incendies de forêt". Si l'influence du changement climatique sur chaque événement reste à établir par des études scientifiques, il est reconnu que le réchauffement climatique, en accentuant l'évapotranspiration et en augmentant l'humidité potentielle dans l'air, accentue l'intensité de certains épisodes de précipitations.


A. LG avec AFP

Tout
TF1 Info