Plus de sept Français sur dix affirment ressentir le dérèglement du climat dans leur quotidien, révèle mardi le baromètre de la Fondation pour la Nature et l'Homme, en collaboration avec Odoxa.
Conséquence directe, nombre d'entre eux ont déjà pensé à changer de lieu d'habitation, notamment en raison de la pollution.

Une réalité dont un nombre croissant de personnes prend progressivement conscience. Selon le baromètre de la Fondation pour la Nature et l’Homme, réalisé avec Odoxa* et publié mardi 27 juin, plus de sept Français sur dix (71%) disent ressentir les effets du changement climatique dans leur vie de tous les jours. Ce sentiment est particulièrement prégnant chez les jeunes, puisque 77% des moins de 35 le partagent. Sur le plan géographique, c'est assez homogène puisqu'aucune région n'est véritablement épargnée. Ainsi, les habitants de Provence-Alpes-Côte-d'Azur (77%), la Bretagne (75%), le Centre-Val-de-Loire et l'Occitanie (75%) sont les plus sensibles à cette évolution. Les Normands (52%) sont ceux qui voient leur quotidien le moins bouleversé.  

Il ne sert plus à rien de crier au feu, il faut éteindre l’incendie
François Gemenne

"Ce vaste sondage montre que nous avons franchi une étape essentielle : le changement climatique n’est plus une projection abstraite mais une réalité tangible pour une grande majorité de Français", estime François Gemenne, président du Conseil scientifique de la Fondation. "Cela veut dire que l’heure ne doit plus être à sonner l’alerte, mais au contraire à donner des solutions : tout le monde voit que la maison brûle. Il ne sert plus à rien de crier au feu, il faut éteindre l’incendie", appelle-t-il.

En conséquence, une large frange des habitants de l'Hexagone, 42% d'entre eux, ont déjà pensé à changer de lieu d’habitation en raison de ce phénomène et des problèmes qu'il est susceptible de causer. Les principales raisons invoquées sont la pollution (34%), le manque d'eau (26%) et la dangerosité liée à des événements extrêmes, comme les incendies ou les inondations (26%). Logiquement, ce sont, et de loin, les habitants d'Île-de-France qui veulent le plus déménager.

Une impuissance qui n'empêche pas d'agir

Pour le moment, le réchauffement climatique apparaît plus comme une fatalité qu'une modification sur laquelle il est véritablement possible d'avoir un impact. Plus d'un tiers des Français (35%) se disent impuissants à ce sujet. Les autres sont anxieux (30%), en colère (15%) ou encore indifférents (11%). Seuls 9% de la population s'affirment optimistes à ce sujet. 

Malgré tout, cela n'empêche pas les habitants du pays du pain et du fromage d'agir, chacun à leur échelle. 77% d'entre eux assurent avoir modifié leurs habitudes de vie ces dernières années afin de préserver la biodiversité et le climat. Pour un sondé sur cinq, cette transformation a même été drastique (20% répondent "oui beaucoup"). Les efforts se font majoritairement dans la consommation, que ce soit dans l'alimentation - avec l'achat de produits "made in France" ou issus de l'agriculture biologique - ou par le fait de privilégier des biens d'occasion. Ils se retrouvent aussi au niveau du transport, avec l'usage de l'avion, pris de plus en plus seulement en cas de nécessité absolue, et la volonté de ne plus utiliser de voitures thermiques. 

Mieux répartir les efforts et limiter les impacts individuels

Dans de nombreux cas, les personnes interrogées aimeraient pouvoir faire plus en la matière, que ce soit pour leurs enfants, les générations à venir ou tout simplement pour une meilleure santé, mais ont l'impression de ne pas en avoir les moyens financiers. D'autres ont du mal à renoncer à certains de leurs plaisirs. Concrètement, 45% des Français souhaitent que les efforts soient mieux répartis entre tous les membres de la société et que cela n'ait pas d'impact économique sur eux et leur foyer (37%). Parmi les mesures plébiscitées figurent la végétalisation des espaces publics (61%), le soutien à l’agriculture locale respectueuse de l’environnement et du climat (58%), le développement de transports publics durables (57%) ou le recours plus intensif aux énergies renouvelables (57%). 

À noter qu'aux yeux des individus qui ont répondu à ce sondage, les acteurs qui agissent le plus en faveur du climat et de la biodiversité sont les citoyens (40%), les collectivités territoriales (27%) et les professionnels (24%). Le gouvernement arrive, lui, loin derrière (8%), ce qui dénote un manque d'action globale du point de vue des administrés.  

* Enquête réalisée auprès de 3015 Français interrogés par internet du 16 au 24 mai 2023. La représentativité de l'échantillonage est assurée par la méthode des quaotas.


M.G

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